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Midi-Pyrénées

Midi Pyrénéés

Drapeau France





Huit départements, c'est presque un pays. La région Midi-Pyrénées n'a ni le monopole du Midi, ni celui des Pyrénées, c'est le Rouergue et le Quercy, une partie du Languedoc, une bonne tranche de Gascogne, un bout d'Aubrac et quelques vallées des Pyrénées. Si certaines collines de l'Ariège, du Lot, de l'Aveyron, du Gers et les montagnes s'apparentent bel et bien au désert français, les plaines échappent aux stéréotypes du Midi calciné. Des hommes s'activent dans les champs de blé, les oies se dandinent devant les fermes moussues aux toits roux. Les habitants de ces vieilles fermes sont de véritables personnages et cette région c'est un peu l'Italie française... À chaque province sa couleur ! La sphère d'influence de ce royaume n'est autre que la « ville rose », Toulouse, vieille ville toute jeune, musclée par sa technologie de pointe, son opéra, son université, d'une énergie débordante.

Carte d'identité

- Superficie : 45 348 km2 .
- Population : 2 612 700 habitants.
- Densité : 57,6 hab./km2.
- Découpage administratif : 8 départements (Lot, Aveyron, Tarn-et-Garonne, Tarn, Gers, Haute-Garonne, Ariège, Hautes-Pyrénées), 293 cantons et 3020 communes.
- Préfecture régionale : Toulouse.
- Préfectures : Foix (Ariège), Rodez (Aveyron), Auch (Gers), Cahors (Lot), Tarbes (Hautes-Pyrénées), Albi (Tarn), Montauban (Tarn-et-Garonne).
- Population active : 1 132 800 hab.
- Taux de chômage : 9,1 %
- Principales industries : une agriculture très présente (près de 7 % des emploi régionaux), une industrie contrastée (avec des secteurs de pointe qui ont le vent en poupe, d'autres en fort déclin), et un secteur tertiaire qui procure l'essentiel des emplois.

Infos pratiques

Renseignements touristiques

- Maison des Pyrénées : 15, rue Saint-Augustin, 75002 Paris. Tél. : 01-42-86-51-86. M. : Quatre-Septembre. Ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 18h30.
- Comité régional du tourisme de Midi-Pyrénées : 54, bd de l'Embouchure, BP 2166, 31022 Toulouse Cedex 02. Tél. : 05-61-13-55-55. Internet : www.tourisme-midi-pyrenees.com. Du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 14h à 17h30. Matériel touristique par thème très intéressant.
- Comité départemental du tourisme de Haute-Garonne : 14, rue de Bayard, BP 845, 31015 Toulouse Cedex 06. Tél. : 05-61-99-44-00. Internet : www.tourisme-haute-garonne.com. Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 17h30.
- Comité départemental du tourisme du Tarn-et-Garonne : Hôtel Bonnecaze, 7, bd Midi-Pyrénées, BP 534, 82005 Montauban Cedex. Tél. : 05-63-21-79-09. Internet : www.cg82.fr. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 18h (17h le vendredi).
- Comité départemental du tourisme et des loisirs du Gers : 3, bd Roquelaure, BP 106, 32002 Auch Cedex. Tél. : 05-62-05-95-95. Internet : www.tourisme-gers.com. Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 13h et de 14h à 18h (17h le vendredi).
- Hautes-Pyrénées Tourisme Environnement 11, rue Gaston Manent, BP 9502, 65950 Tarbes Cedex 09. Tél. : 05-62-56-70-65. Internet : www.tourisme-hautes-pyrenees.com. Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et de 15h30 à 18h (17h le vendredi).
- Comité départemental du tourisme de l'Ariège : 31 bis, av. du Général-de-Gaulle, BP 143, 09004 Foix Cedex. Tel : 05-61-02-30-70. Internet : www.ariegepyrenees.com. Siège de l' Association ariégeoise de l'hôtellerie de plein air. Toutes les infos pour sillonner l' Ariège à vélo.
- Comité départemental du tourisme du Lot : 107, quai Cavaignac, BP 7, 46001 Cahors Cedex 9. Tél. : 05-65-35-07-09. Internet : www.tourisme-lot.com (site Internet très riche). Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30 (17h le vendredi).
- Maison de l'Aveyron : 46, rue Berger, 75001 Paris. Tél.: 01-42-36-84-63. Internet : www.maison-aveyron.org. M : Les Halles. Ouvert du lundi au vendredi au 9h30 à 18h30 et le samedi de 12h à 18h. En juillet-août,ouvert du lundi au vendredi de 10h à 18h, fermé le samedi et le dimanche.
- Maison départementale du tourisme de l'Aveyron : 17, rue Aristide Briand, 12008 Rodez Cedex. Tél. : 05-65-75-55-75. Internet : www.tourisme-aveyron.com.
- Comité départemental du tourisme du Tarn : 41, rue Porta, BP 225, 81006 Albi Cedex. Tél. : 05-63-77-32-10. Internet : www.tourisme-tarn.com. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h.

Hébergement

Gîtes de France

- Gîtes de France : pour commander des brochures, s'adresser au 59, rue Saint-Lazare, 75009 Paris. Tél. : 01-49-70-75-75. Internet : www.gites-de-france.fr.
- Relais départemental des gîtes de France de Haute-Garonne : 14, rue Bayard, BP 845, 31015 Toulouse Cedex 06 (même adresse que le CDT). Tél. : 05-61-99-70-60. Internet : www.gites-de-france-31.com. Le Comité régional du tourisme centralise les réservations sur la région et édite une brochure regroupant les plus beaux gîtes des 8 départements. Tél. : 05-61-13-55-55.
- Relais départemental des gîtes de France du Gers : route de Tarbes, BP 161, 32003 Auch Cedex. Tél. : 05-62-61-79-00. Fax : 05-62-61-79-09.
- Relais départemental des gîtes de France des Hautes-Pyrénées : 22, place du Foirail, 65000 Tarbes. Tél. : 05-62-34-31-50. Internet : www.gites-france-65.com.
- Relais départemental des gîtes de France d'Ariège : même adresse que le CDT, 31 bis, av. du Général-de-Gaulle, BP 143, 09004 Foix Cedex. Tél. : 05-61-02-30-89.
- Relais départemental des gîtes de France de l'Aveyron : A.P.A.T.A.R., 17, rue Aristide-Briand, BP 831, 12008 Rodez Cedex. Tél. : 05-65-75-55-60. Internet : www.gites-de-france-aveyron.com.
- Gîtes de France - Association tarnaise de tourisme en espace rural (ATTER) : Maison des Agriculteurs, BP 80332, 81027 Albi Cedex 9. Tel : 05-63-48-83-01.Internet : www.gites-tarn.com.

Autres gîtes

- Relais départemental des gîtes ruraux du Tarn-et-Garonne : même adresse que le CDT. Tel : 05-63-21-79-10. Pour les réservations, contacter le service Loisirs-Accueil : tél. : 05-63-21-79-61.
- Relais départemental des gîtes ruraux du Quercy : Maison du Tourisme, place François-Mitterrand, 46000 Cahors. Tél. : 05-65-53-20-75. Internet : www.gites-de-france-lot.com.
- Gîtes d'étapes et de séjour : même adresse que l ‘ATTER à Albi. Tél. : 05-63-48-83-01. Il en existe 13 dans le département. Internet : www.gites-tarn.com.

Auberges de jeunesse

- La FUAJ propose un guide gratuit répertoriant les adresses des AJ en France.
- La FUAJ offre à ses adhérents la possibilité de réserver pour 6 nuits maximum et jusqu'à 6 mois à l'avance, dans certaines auberges de jeunesse situées en France, mais aussi à l'étranger.
- La FUAJ propose aussi une carte d'adhésion « Famille », valable pour les familles de deux adultes ayant un ou plusieurs enfants âgés de moins de 14 ans. Coût : 22,90 €. Fournir une copie du livret de famille.

Carte (FUAJ) internationale des auberges de jeunesse

Cette carte, valable dans 62 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient (au Japon notamment).
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.

Carte internationale d'étudiant

Elle prouve le statut d'étudiant et permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des avantages exclusifs sur le voyage (billets d'avion spéciaux, assurances de voyage, cartes de téléphone internationales, locations de voiture, navettes d'aéroport…), l'hébergement, la culture, les loisirs...
Toutes les infos complémentaires sont sur : www.isic.fr.

Activités

Adresses utiles

- Comité départemental de la randonnée pédestre du Gers : Maison du tourisme, 3, Bd Roquelaure, BP 106, 32002 Auch Cedex. Tél. : 05-62-05-87-41. E-mail : cdrp32.asso@wanadoo.fr.
- Parc national des Pyrénées : 59, route de Pau, 65000 Tarbes. Tél. : 05-62-44-36-60. Internet : www.parc-pyrenees.com. Pour Gavarnie : tél. : 05-62-92-42-48. Pour Luz-Saint-Sauveur : tél. : 05-62-92-38-38.
- Loisirs Accueil Lot : Maison du Tourisme, place François-Mitterrand, 46000 Cahors. Tél. : 05-65-53-20-90. Internet : www.reservation-lot.com.
- Service réservation Loisirs Accueil Tarn : 6, rue Saint-Clair, 81011 Albi Cedex 9. Tél. : 05-63-47-73-00. Internet : www.reservation-tarn.com.

Grottes et gouffres

Ici, c'est le cirque de Gavarnie. Là, les gorges du Lot ou de la Truyère. Au moindre relief, l'eau sculpte, fore, disparaît pour mieux ressortir. À Padirac, le plus grand gouffre d'Europe est un monde englouti qui dispose sous le causse 50 km de nefs, puits, galeries, lac et rivière à résurgences. Et dans ce Rouergue fertile en grottes, le petit bourg de Bozouls domine une profonde fissure où la rivière s'écroule dans un gouffre sans fond.

Bien entendu, tous ces abris naturels excitent historiens et préhistoriens. La légende assure ainsi que Murat, au lieu d'être fusillé à Naples, finit sa vie cachée dans les cavernes de la vallée du Lot. À deux pas de là, les gorges du Célé abritent Pech-Merle, la seconde grotte préhistorique de France après Lascaux. Le poète de l'Amour fou, André Breton, qui aimait parcourir le causse à la recherche de débris néolithiques, se laissa aller à en caresser les fresques. Il s'en retira les mains pleines et ce moment d'innocentes émotions lui valut les coups de canne du gardien.
Quant à l'Ariège, on y a recensé 5 grottes où les Magdaléniens du pays de Foix festoyaient il y a 5 000 ans. La plus connue est Niaux, dont la salle noire est ornée de 107 représentations d'animaux. Une autre, la grotte de la Vache, reste la seule en France où l'on puisse apprécier sur place les résultats des fouilles, toutes les autres ont été pillées ou endommagées par les archéologues amateurs. On peut s'imaginer sur les pierres, prenant la chaleur du foyer en attendant que le gigot de bison soit à point.

Randonnées

- Le département du Lot est vraiment propice aux randonnées. Créé en 1999, le Parc naturel régional des cusses du Quercy s'étend sur 176 000 ha et regroupe 97 communes, 22 sites d'intérêt écologique exceptionnel et 3 espaces naturels sensibles. En dehors du causse, on distingue d'autres milieux écologiques.
- Le canal du Midi autour de Toulouse : 10 km bucoliques de Toulouse à l'écluse de Vic.
- Des dizaines de randonnées autour de Saint-Antonin-Noble-Val, dans le Tarn-et-Garonne.
- Dans le Tarn, balade dans le patrimoine de Puycelci et la forêt de la Grésigne.
- Le sentier cathare en Ariège.
- Nombreuses randonnées dans les Pyrénées.

Fêtes et manifestations

À Toulouse

- Le Printemps de Septembre : 3 semaines en septembre, se renseigner pour connaître les dates exactes. Renseignements : Le Printemps de septembre, 5, rue de la Charonne, 75011 Paris. Tél. :01-43-38-00-11 et 05-61-14-23-51.
- Les rencontres Cinémas d'Amérique latine : du 16 au 26 mars 2007.
- Rio Loco : 5 au 24 juin 2007. Musique, expositions, théâtre.
- Les Siestes électroniques : en juillet-août. Renseignements : tél. : 05-62-21-56-55.
- Festival international de piano aux Jacobins : pendant trois semaines en septembre. Renseignements à l'office de tourisme : tél. : 05-61-11-02-33 ; ou au bureau du festival : tél. : 05-61-22-40-05. Ne pas manquer de réserver assez tôt.
- Festival Cinespana : en octobre, pendant environ 10 jours. Tél. : 05-61-12-12-20

Pour plus d'informations, consulter le site Internet : www.toulouse-tourisme.com.

En Haute-Garonne

- Corrida de Rieumes : premier week-end de septembre, lors de la fête locale. Spectacles équestre et taurin, danses sévillanes.
- Carnaval : en mars ou avril, défilé de chars.
- Journée du Terroir à Poucharramet : dernier dimanche d'août, 28e édition en 2007. Agrotourisme et gourmandises en pays de Savès. Renseignements : tél. : 05-61-91-83-09 (mairie).
- Festival du Comminges : du 13 juillet au 25 août 2007. Nombreux concerts de musique classique dans un cadre extraordinaire. Internet : www.festival-du-comminges.com.

En Gascogne

- Feria de Pentecôte de Vic-Fezensac : de renommée internationale, réserver longtemps à l'avance. Corrida et animation garanties.
- L'été photographique à Lectoure : de la mi-juillet à fin août. Une manifestation à dimension internationale.
- Festival européen de Bandas y Penas de Condom : 2e week-end de mai. Se renseigner au secrétariat du festival : tél. : 05-62-68-31-38, ou à l'office du tourisme, tél. : 05-62-28-00-80. La rue appartient à la foule, aux bodegas et aux bandas. La folie !
- Festival de jazz de Marciac : en général, du 1er au 15 août. Renseignements et réservations : tél. : 05-62-09-31-98, également par le réseau classique de billeterie. Un des festivals de jazz les plus renommés d'Europe. L'écho de Jazz in Marciac dépasse largement les frontières de l'Hexagone. Toutes les grandes pointures s'y sont produites : Stan Getz, Sonny Rollins, Oscar Peterson...

Dans le Tarn-et-Garonne

- Festival Alors Chante : à Montauban, en mai, débute le mardi avant le jeudi de l'ascension et dure jusqu'au week-end. Renseignements à l'association Chants Libres : tél : 05-63-63-66-77.
- Fête des 400 coups : le premier week-end de septembre. Surprises... Se renseigner auprès de l'office du tourisme. Tél : 05-63-63-60-60. Internet : www.montauban-tourisme.com.

Dans le Lot

- Festival de musique classique : en août. L'été musical de la vallée du Lot. Renseignement à l'office du tourisme.
- Rassemblement de montgolfières : le dernier dimanche de septembre, à Rocamadour. Absolument magnifique.

Dans le Tarn

- Festival extravadanses : renseignements : tél. : 05-63-71-56-95. Réservations : tél. : 05-63-71-56-58. Une douzaine de jours aux environs de la mi-juillet. Chanson, danse, musique en liberté, théâtre de rue ; des spectacles de très grande qualité

Dans les Hautes-Pyrénées

- Jazz à Luz : le 2e week-end de juillet. Renseignements : tél. : 05-62-92-38-38. Ce festival d'altitude, sympa et audacieux vient de fêter ses seize années d'existence en 2006. Internet : www.luz.org.
- Festival Equestria de Tarbes : la dernière semaine de juillet, pour tous les amoureux de chevaux, Tarbes et son haras national organisent un festival de la création équestre. Internet : www.festivalequestria.com.

Culture et traditions

Quand les yeux beaux d'amour mourir faisaient...

À l'époque - XIe et XIIe siècles -, ils étaient souvent riches et célèbres. Et nobles. Il y eut même un duc d'Orléans et un comte de Foix, le grand Gaston (Phébus). En fait, les troubadours donnaient le la de l'idéal aristocratique.
Après le temps des rudes chansons de geste, le dernier raffinement consistait à vouer à sa dame un amour quasiment mystique. Thèmes : la beauté d'une dame, la douleur du soupirant qui se morfond, les exploits réalisés en son honneur. Bref, l'amour, toujours, et une poésie allègre et jeune qui court à fleur de peau. Pastourelles, complaintes, sérénades, épîtres, mystères : ils connaissent tous les genres.

Mais dès le XIIe siècle, la grâce le cède à la politique, les poètes s'engagent, excitent les esprits contre le clergé, pleurent les morts de la guerre albigeoise et crient leur haine des croisés du Nord. Leur littérature va mourir, tandis que le souffle doré de la langue d'oc remonte vers le nord sous l'influence d'Aliénor d'Aquitaine.

Occitans contre Gascons

L'Occitanie, sœoeur de la Catalogne, n'a épousé la France que par force. Chaînon manquant entre l'Espagne et l'Italie, c'est une de ces nations de soleil ombrageuses et volubiles, où l'on produit des vins lourds, des platanes, des saucisses et des peintres.
Sa langue est un trésor : 160 000 mots, contre 30 000 au français. Mise en littérature par les troubadours, elle régna sur les cours d'Europe, et aujourd'hui encore, près de 10 millions d'Occitans la comprennent.
Preuve de sa vitalité, la langue occitane a deux rameaux. Le languedocien, le plus pur, est parlé de Nîmes à Toulouse, où l'Institut d'études occitanes a réussi à imposer l'ex-« patois » comme épreuve facultative au baccalauréat. On parle ici gafets (gamins), peillarots (chiffonniers), castagnes et tartaragnes (vieilles filles).

Le gascon, lui, s'est enrichi des dialectes basques des vallées pyrénéennes. Plus haché, martial, à l'unisson des fanfares du haut pays, les bandas, et des bruits de rapière. Si Toulouse est désormais la capitale universitaire de la langue occitane, les Gascons ne se le tiennent pas pour dit. Ils ont fondé, à Fleurance, la première université de gascon.

Rugby : un sport d'art et d'essais

De Pau à Béziers, la Gascogne et le Languedoc sont les deux mamelles du rugby français. Et le tronc qui les réunit, c'est le Midi toulousain. Au fait, mordiou, que font ici les Anglais ? 300 ans d'occupation de l'Aquitaine leur ont fait aimer la région. Les bourgeois de Bordeaux ont adopté leur savoir-vivre. Gascons et Languedociens, eux, ont reconnu dans le rugby leur propre tempérament, turbulent, grande gueule mais gentleman, et soudé autour du village par deux millénaires de culture citadine. Aujourd'hui, le moindre bourg a son équipe, ses supporters, ses banquets.

Mais à côté du rugby rugueux des montagnes ariégeoises, le Stade toulousain a imposé une légende (15 fois championne de France au cours du siècle dernier !) et un style bien à lui : « Du panache, un jeu complet qui allie au jeu d'avants très sobre, celui très brillant des lignes arrières », comme l'explique l'une des plus célèbres figures du ballon ovale, Walter Spanghero, qui fut lui-même un joueur de légende du Stade.

La France accueillera la Coupe du Monde de rugby en 2007 et 4 matchs seront disputés au Stadium de Toulouse. Toutes les infos sur le site officiel : www.rugbyworldcup.com.

L'habitat quercynois

Les maisons du Quercy sont considérées parmi les plus belles de France, pour la qualité et la noblesse des matériaux. Les plus anciennes fermes offrent même fenêtres à meneaux, linteaux ouvragés, portes à accolades.
L'habitation comprend en général deux niveaux. Au rez-de-chaussée, l'écurie ou l'étable, les chais, la remise. À l'étage, les pièces pour vivre. La plus importante est la salle à manger avec sa grande cheminée et son évier de pierre. L'accès s'effectue par un grand escalier de pierre extérieur protégé par un auvent. Il n'est pas rare que la bâtisse soit ornée d'un pigeonnier qui a l'aspect d'une tourelle. Le toit le plus fréquent, à deux ou quatre grandes pentes, est couvert de petites tuiles brunes patinées.

Sauveté, castelnaux et bastides du Gers

Les sauveté sont l'extension à un village tout entier du droit d'asile sacré, jusque là limité à l'église et à son enclos. Elles furent créées entre 1050 et 1141. Des croix limitaient ce territoire. La sauveté était également un instrument de colonisation agricole, puisque chaque nouveau venu touchait un enclos à bâtir et un bout de terrain.

Comme ses voisins Périgord et Lot-et-Garonne, le Gers se trouvait sur la ligne de front des guerres franco-anglaises. Les Français tenaient Toulouse, les Anglais Bordeaux. La Gascogne au milieu.
On érigea alors de nombreux châteaux, plutôt de petite taille et à l'architecture très simple, pour répondre à l'urgence des situations. Puis, comme il fallait aussi protéger les paysans, furent créés les castelnaux, villages fortifiés, en général situés sur la crête d'une colline et dominés par le château seigneurial. On en trouve beaucoup dans le Gers et il existe même un superbe itinéraire des castelnaux dans le sud du département.

Puis on passa au stade supérieur avec les bastides. Aux XIIIe et XIVe siècles, rois de France et d'Angleterre, les seigneurs locaux et les moines cherchèrent à attirer les paysans dans leur camp. Pour les séduire, on leur offrit de part et d'autre de nombreux avantages : terres, logements, parfois exemption de taxes et d'impôts. Ces villes d'un type nouveau s'appelèrent « bastides » dans le coin (« villeneuve » ou « villefranche » en d'autres régions). On en compta jusqu'à 300 entre Périgord et Pyrénées.
Traits communs entre elles : franchises exceptionnelles pour leurs habitants, tracé urbain avec rues se coupant à angle droit, une halle pour le marché hebdomadaire au centre d'une vaste place entourée de demeures à couverts (appelés aussi cornières), sortes de galeries couvertes, certaines sur piles de bois, d'autres sur arches en pierre et brique.

Figures

- Saint Saturnin : le bon Saturnin allait dire la messe quand il passa devant le temple de Toulouse au milieu du IIIe siècle. Mauvaise idée. Excédée par le silence de ses dieux, la foule des païens s'en prit au saint homme et l'attacha à la queue d'un taureau que l'on s'empressa de fouetter. Plus tard, les Toulousains se rachetèrent en lui offrant un beau tombeau : l'église Saint-Sernin (Saturnin).
- (Saint) Guillaume de Toulouse (vers 755-812) : ce cousin et brillant second de Charlemagne mena une vie « exemplaire ». Premier acte : Guillaume, duc d'Aquitaine, anéantit des Sarrasins. Deuxième acte : il fonde une abbaye dans le village cévenol qui prendra son nom, Saint-Guilhem-le-Désert, pour s'y retirer saintement. Les chansons de geste le connaissent sous le nom de Guillaume « au courb nez », ou Fierebrace.
- Gaston III de Foix, dit Phébus (1331-1391) : riche seigneur et fin politique, le dernier comte de Foix n'oubliait pas de se piquer de vers. Phébus était un des noms d'Apollon, dieu de la poésie.
- D'Artagnan, Charles de Batz (vers 1615-1673) : même sans Dumas, sa vie est un roman. Cadet de Gascogne, il fut à la tête des mousquetaires, corps d'élite entre le GIGN et les paras. Il escorta le roi, arrêta Fouquet et s'illustra dans toutes les guerres du règne.
- Antoine de Cadillac (1658-1730) : à défaut d'avoir inventé la voiture extra-plate, Antoine de Cadillac fut le fondateur de Detroit, la ville de General Motors. En 1713, cet aventurier du Canada français revint au pays couler une retraite en or.
- Jean Calas (1698-1762) : de nos jours, cet infanticide aurait été condamné à perpète. Mais on était en 1762, Calas fut soumis à la torture et attaché sur une roue où on le bastonna à mort. Un procès douteux. Une cause ardemment soutenue par Voltaire. Le dernier grand scandale de l'Ancien Régime.
- Jean-François de La Pérouse (1741-1788) : un marin né à Guo, près d'Albi, ça fait sourire. La Pérouse explora une grande partie du Pacifique avant de s'écraser sur un récif.
- Joseph Lakanal (1762-1845) : il était une fois, dans la ville de Foix, un homme qui devint le « Monsieur Culture » de la Convention. Lakanal oeœuvra aussi pour l'instruction publique.
- Joachim Murat (1767-1815) : c'est le seul roi de Naples né dans les Causses. Brave général, il aida Napoléon à prendre le pouvoir et épousa sa soeœur. Les batailles lui sourirent et il monta sur le trône de Naples, d'où la chute de Napoléon finit par l'éjecter.
- Maréchal Lannes (1769-1809) : sous ses airs de grognard un peu fruste, ce natif de Lectoure fut le premier des maréchaux d'Empire. Il fut aussi l'un des premiers à mourir.
- Victor, l'enfant sauvage : capturé en 1800 dans la forêt aveyronnaise, le Mowgli français fut pris en main par les autorités médicales. En cinq ans de dialogue, il livra les secrets de la conscience sauvage.
- Léon Gambetta (1838-1882) : recordman français des noms de places et d'avenues, ce natif de Cahors servit de symbole à la laïcité républicaine. Son existence d'opposant au Second Empire se conclut sur une note romanesque, la fuite de la capitale en ballon pendant le siège de Paris.
- Bernadette Soubirous (1844-1879) : en 1858, la Vierge apparut dix-sept fois à une gamine pauvre des montagnes. Elle portait une robe blanche avec une ceinture bleue et parlait le gascon. Bernadette finit au couvent. Pour les Lourdais, l'eau miraculeuse se changea en un fleuve d'or.
- Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) : privé de chasse par son pied-bot, monsieur le comte (il possédait des terres près d'Albi) empoigna les pinceaux pour tracer de la bourgeoisie du temps un tableau sans complaisance.
- Jean Jaurès (1859-1914) : généreux, pugnace, la langue bien pendue, ce natif de Castres était un Méridional pur jus. Ancien prof, tendance Jules Ferry, il devint député et défendit pêle-mêle Dreyfus, les mineurs de Carmaux et la paix. Assassiné en 1914, il ne connaîtra pas la guerre...
- Gabriel Fauré (1845-1924) : musique de chambre, musique des champs... À la fin du siècle dernier, l'auteur des Mélodies mettra en musique les lumières délicates de la campagne ariégeoise.
- Clément Ader (1841-1925) : l'ingénieux ingénieur de Muret qui osa le premier s'élever de terre, et ce, en 1890 ! Il est, depuis, vu comme le pape de l'aviation. Ainsi donc, la région avait découvert sa vocation des airs bien avant qu'en plein tumulte guerrier les autorités l'aient choisie comme centre stratégique, l'éloignant de la poreuse frontière de l'Est.
- Ferdinand Foch (1851-1929) : des six maréchaux de la Grande Guerre, c'est celui qui emporta la victoire finale et signa l'armistice. Né à Tarbes par accident.
- Jean-Pierre Rives : gentleman-paladin, « Casque d'Or » est le héros du rugby toulousain. Il est aussi sculpteur.
- Jeau Dieuzaide (1921-2003) : ce grand monsieur de la photo française a doté Toulouse de la plus belle galerie de France, le Château d'Eau .
- Claude Nougaro (1929-2004) : petite stature mais grande pointure de la chanson française. Fils d'un baryton, sa voix vibrante et son é-lo-cu-ti-on détachée accompagnaient des musiques superbes fortement imprégnées de jazz. Il était intimement lié à Toulouse qu'il chantait avec des mots de poète.
- Jean-Louis Étienne (né en 1946) : ce natif de Vielmur-sur-Agout (Tarn) a fait des études de médecine, le tour du monde avec Tabarly, l'Everest, le pôle Nord à pied et en solitaire, puis le pôle Sud à bord d' Antarctica... avant de se trouver un « pôle intérieur » (le nom de son bouquin) et de revenir à la case départ, son Tarn natal !

Gastronomie

Spécialité

La région Midi-Pyrénées constitue le saint des saints de la France gourmande. Ici, le moindre restaurant de campagne vous offre des ripailles pour trois fois rien. Truffes, foie gras, cèpes, confit, cassoulet, roquefort, gâteau à la broche et melon de Lectoure à accommoder avec les petits vins de la région - madiran, saint-mont, fronton, gaillac, marcillac, fel et entraygues.
Voici les principales spécialités.

- Gascogne :l'oie, l'oie et encore l'oie. Et quand ce n'est pas de l'oie, c'est du canard. En graisse, foie, confits, gésiers, cous farcis.
- Toulousain : l'oie toujours. Elle alimente ici les daubes, pâtés, ballottines, ragoûts de foie, offre ses confits au cassoulet toulousain (le plus complet de tous les cassoulets).
- Ariège : les préparations de gibier, les fromages de brebis, les petits-gris et le touron, une friandise aux amandes. Pour le reste, tripes, aillades, confits, foie gras et simili-cassoulets.
- Quercy : châtaignes, noix et noisettes (en vin et crème), tripes, soupes (tourin et garbure), truffes et oies, perdreaux, pastis (gâteau).
- Rouergue : jambons, tripes et tripoux, choux et châtaignes, mais n'en sacrifie pas moins à l'oie, lui aussi. Un seigneur : le roquefort.
- Aubrac :truffade, aligot, tripoux, chou farci, et un grand fromage, le laguiole.

Quelques plats typiques

- Aïgo boulido : l'aillade ariégeoise ? Un jaune d'œoeuf délayé dans l'huile, auquel on ajoute le blanc avec une gousse d'ail.
- Bougnette : la saucisse de Castres, fourrée de pain, d'œoeufs et de hachis de poitrine de porc.
- Cabécou : rondelle de fromage de chèvre.
- Canard : en confit, en magret, en foie gras, tout est bon dans le canard (gésier, manchons, aiguillettes...).
- Cassoulet : le fond reste le même - de beaux « lingots » de l'Ariège et 70 % de haricots (tarbais, de préférence) -, chaque ville faisant valoir ses accompagnements : porc, ail, confits, saucisses, parfois même, comme à Montauban, couenne et purée de tomates.
- Cèpes : les Gascons en raffolent à la poêle, en daube dans du vin rouge ou alors au jambon, piqués d'ail et grillés.
- Croustade : cette tourte fait varier sa garniture tantôt pommes ou poires, tantôt figues ou pruneaux.
- Estofinado : morue séchée préparé à la façon des gens de l'Aveyron.
- Fallette : poitrine farcie de lard, œoeufs et blettes, c'est l'étouffe-chrétien des montagnes aveyronnaises.
- Foie gras : oubliez le Périgord, c'est la Gascogne qui en produit le plus.
- Garbure : c'est un bouillon ou encore une espèce de potée aux choux pleine de bonnes choses : haricots, navets, carottes, pommes de terre, oignons, un peu de viande, le tout relevé par une pointe d'ail et de persil.
- Gasconnade : gigot aux anchois et à l'ail.
- Gâteau à la broche : d'Ariège en Bigorre, le gâteau des grandes occasions.
- Gâtis : brioche à la fondue de cantal et de roquefort, créée à Saint-Affrique.
- Haricot tarbais : le mounjete (en gascon) est de retour dans les cassoulets après 50 ans d'absence.
- Laguiole : un excellent fromage, proche du cantal.
- Melon du Quercy : un label qui se récolte sur le Quercy Blanc, région de Montcuq et de Castelnau-Montratier.
- Melsat : gros boudin blanc de Mazamet (mie de pain gorgée d'œoeufs, de lait et de lard)
- Mouton : se distingue par sa chair délicate.
- Mourtaïrol : bouillon de poule au safran que les Rouergats versent sur des tranches de gros pain.
- Noix : cette compagne des mauvais jours (pour le paysan) déborde des Causses quercynois et rouergats.
- Peteram : pied et ventre de mouton, jambon et fraise de veau, lard et pommes de terre, ail et vin de Gaillac, la grande spécialité de Luchon exige dix heures de cuisson.
- Pistache : originaire de Luchon également. C'est un ragoût de haricots au mouton et à l'ail. Roboratif.
- Porc noir gascon : préparé en délicieux jambons et saucissons.
- Poularde à la toulousaine : sa garniture comprend des truffes, du foie gras, des champignons, des crêtes de coq et des ris de veau !
- Roquefort : on dit que l'auteur de cette pâte persillée fut un berger qui, ayant oublé son fromage de brebis dans un rocher fissuré du Larzac, le retrouva changé de goût. Seules les caves de Roquefort-sur-Soulzon favorisent la moisissure penicillium roquefortis, qui bleuit la tome pendant les 3 mois d'affinage.
- Saucisse de Toulouse : favorite du cassoulet, elle mêle « gras du dos », viande coupée gros, et deux mesures de poivre moulu pour une de poivre en grains.
- Soupe albigeoise : choux, patates, navets, carottes, oignons et poireaux.
- Tripoux : tripes de mouton et farce cousues dans un boyau et cuites dans du vin blanc.
- Truffade : une poêlée de patates, d'ail et de lardons, accompagnée de tomme fraîche.
- Truffe : en Gascogne, Rouergue, Quercy, les marchés des villages débordent de truffes, un gros champignon souterrain de 10 à 100 g qui, extrait de sa gangue terreuse, révèle une couleur noire et un parfum d'une force bouleversante. Sur les marchés locaux, la truffe coûte environ 2,5 fois moins cher que chez le détaillant (environ 275 euros le kilo). Les gens de Souillac les préparent à la crème, comme des morilles. D'autres en omelette ou sous la cendre. Plus les truffes sont coupées fin, ou broyées, plus elles dégagent de saveur. Goûtez-les en salade d'œoeufs durs, après les avoir cuites au vin blanc, coupées en rondelles et arrosées d'huile de noix.

Vins et alcools

- Armagnac : la plus ancienne eau-de-vie de vin du monde. C'est la vinification la plus naturelle qui soit. Le bon armagnac, comme le vin, est le fruit d'un jus unique et d'une seule année. Autant dire que le millésime est crucial. 4 ans de fût, au moins, lui donnent sa teinte ambrée, mais il est des armagnacs d'un siècle. Pour avoir droit à l'appellation, l'eau-de-vie doit rester au mois deux ans en fût.
- Côtes-de-saint-mont : vin typique des environs d'Auch, charnu et flatteur après quelques années.
- Côtes-du-frontonnais : vins de tous les jours agréables et parfois même subtils
- Entraygues et fel : des vins rouges et blancs fins de l'Aveyron, à boire frais.
- Estaing : essayez ce blanc sec de l'Aveyron, cultivé en terrasses.
- Floc de Gascogne : vin d'apéritif, dont la fermentation est arrêtée par adjonction d'armagnac.
- Gaillac : blanc ou rouge, le Gaillac est typé, costaud diront d'autres.
- Madiran : le tannat lui donne de sacrés muscles et une teinte violacée à force d'être noire.
- Marcillac : le Marcillac se reconnaît à son goût dur, paysan, pas vraiment généreux, mais franc et bon.
- Pacherenc-du-vic-bilh : un blanc doux, qui revient à la mode.

Un peu d'histoire

Quelques dates importantes

- Vers - 500 :une grande nation gauloise, les Volques, prend ses quartiers dans la région.
- Vers - 300 :l'une de leurs tribus, les Tectosages, s'établit à Toulouse. Bonnes terres, bonne position : ils s'enrichissent.
- Ier siècle av. J.-C. :la romanisation fait mouche. Tolosa (Toulouse) et Lugdunum Convenarium (Saint-Bertrand-de-Comminges) prospèrent en troquant les blés de la région contre du vin italien.
- Ier siècle apr. J.-C. :le vin n'est plus italien, mais de Gaillac et de Millau. Toutes les villes gauloises se sont romanisées : Cahors, Auch, Eauze, Albi...
- IIIe siècle : Toulouse occupe la 3e place en Gaule. On n'oublie pas d'y persécuter les chrétiens : l'évêque saint Saturnin meurt attaché à la queue d'un taureau.
- IVe siècle :ici aussi, l'anarchie menace : le centre de gravité se déplace vers les campagnes, où les villae des riches propriétaires préludent à la splendeur des futurs châteaux.
- 406 :invasion des Vandales, les bien nommés. La légende veut qu'ils aient épargné Toulouse à cause des mérites de son pasteur, saint Exupère.
- Vers 420 :snobant saint Exupère, les Wisigoths s'emparent de Toulouse. Chance : ce sont les plus civilisés de tous les barbares. Et résistants : Théodoric (Dietrich) arrête même Attila. Le royaume wisigothique englobe bientôt l'Espagne et le Languedoc. Toulouse, qui a rang de capitale, vit un petit siècle d'or.
- 507 :Clovis annexe la région. Les Toulousains ne sont pas contents.
- VIe siècle :des montagnards basques, les Vascons, investissent une plaine qu'ils nommeront « Gascogne »
- 721 :le comté franc d'Aquitaine s'est rendu indépendant. Il défend Toulouse contre l'Arabe Azama.
- 767 :Pépin le Bref, général franc, reprend Toulouse au successeur d'Eudes.
- 778 :Charlemagne, fils de Pépin, échoue dans sa conquête de l'Espagne. En repassant les Pyrénées à Roncevaux, une bonne partie de l'armée se fait étriper dans une embuscade. On accuse les Sarrasins, mais ce sont les Gascons. Le Languedoc et le pays toulousain serviront de base aux chrétiens d'Espagne en lutte contre les Arabes.
- 844 et 874 :les Normands assiègent Toulouse.
- XIe siècle :la région se divise en comtés : Foix, Rouergue, Carcassonne et Toulouse, dont les comtes étendent bientôt leur influence sur tout le Midi.
- 1099 :les Méridionaux sont à la pointe de la première croisade. Le comte de Toulouse refuse le trône de Jérusalem, mais se taille un comté au Liban.
- 1177 :Toulouse et Barcelone se disputent le Midi. Un des alliés de ce dernier, le vicomte de Carcassonne, est aussi protecteur des cathares. Le comte de Toulouse croit habile de dénoncer l'hérésie au pape. Mauvais calcul...
- 1208 :un écuyer du comte de Toulouse assassine le légat du pape. C'est le début de la croisade. Les armées du Nord descendent exterminer les albigeois. Le comte de Toulouse va-t-il leur prêter main forte ou bien secourir ses vassaux ? Il atermoie. Il y perdra ses États, qui reviendront dans l'escarcelle de Saint Louis, et peu à peu, la France que l'on connaît prend corps.
- 1229 :les grands moyens sont mis en oeuvre pour combattre l'hérésie albigeoise, avec la création de l'université de Toulouse, parrainée par l'ordre des dominicains, prompts à défendre l'orthodoxie. Ils y excellèrent, jusqu'à l'excès.
- XIIe-XIIIe siècles :multiplication des bastides, castelnaux et sauvetés.
- Début du XIVe siècle :guerre de Cent Ans, pestes, brigandages... Toulouse perd la moitié de sa population.
- 1420 : Toulouse et le Languedoc sont les derniers fidèles du dauphin Charles. Jeanne d'Arc leur donnera raison.
- 1444 :naissance du Parlement de Toulouse. Il juge, administre et répartit l'impôt.
- 1562 :la Réforme s'est enracinée à Castres, à Montauban et dans l'Ariège. L'expulsion des protestants de Toulouse donne le signal des guerres de Religion : 40 années de dévastations.
- XVIe siècle :le pastel albigeois enrichit Toulouse. Il sera détrôné par une autre teinture, l'indigo des colonies.
- 1629 :comme le roi enlève au Parlement le droit de répartir les impôts, le Languedoc se soulève. Chef des émeutiers, le duc de Montmorency est décapité à Toulouse. Désormais, la région se tiendra tranquille, d'autant qu'à Alès Richelieu a signé l'édit de grâce qui met fin au cycle infernal des guerres de Religion.
- Révolution :la région opte pour la Convention, sans excès.
- XIXe-XXe siècles :désenclavé, le Midi toulousain succombe à la concurrence. Il perd le quart de sa population.
- 1920 :barrages hydrauliques dans les Pyrénées.
- 1942-1945 :Résistance française fait transiter ceux qui veulent rallier Londres à travers les Pyrénées ; certains juifs ont ainsi quitté le territoire.
- 21 septembre 2001 : explosion de l'usine chimique AZF à Toulouse. 30 morts et 2500 blessés.

Bastides : la psychose sécuritaire

Pas facile de cultiver son jardin entre le roi de France et le roi d'Angleterre, en pleine guerre de Cent Ans. Du grand au petit seigneur, temporel ou ecclésiastique, chacun s'employa donc à fonder de nouveaux villages, plus sûrs parce que fortifiés. Aux XIe et XIIe siècles, les abbayes créèrent des centres de peuplement et de défrichement appelés « sauvetés » et protégés des guerres par la Paix de Dieu (interdiction de se battre le dimanche et les jours fériés).

Les bastides, elles, procédèrent d'une urbanisation systématique. Dans tout le Sud-Ouest, elles sont quelque 500 à avoir été édifiées aux XIIIe et XIVe siècles.
Pour y attirer les manants, les seigneurs les paraient de noms magiques : Barcelone, Cologne, Pavie, Florence, comme on dirait aujourd'hui Beausoleil ou Mimosa-Plage. Lesdits manants s'y voyaient comblés d'avantages tels que le statut d'homme libre ou, comme le prescrivit Henri IV à Réalmont, l'exemption d'impôts hormis « la langue de toute vache abattue, un pied pour chaque porc préparé, un pain sur 25 cuits au four communal ».
Ce mouvement rejaillit sur les grandes villes, où les hobereaux durent se montrer plus accommodants en accordant des privilèges aux bourgeois. Curieux villages, en tout cas, que ces castelnaux, bastides et autres sauvetés. Ici, point de château, c'est le bourg tout entier qui serre ses maisons de poupée dans les remparts, selon un plan gracieusement géométrique qui fait la joie des aviateurs.

La terre et les hommes

Paysages et ressources

Une vieille montagne, au nord, chahutée par une jeune, au sud. Les rivières qui en dégringolent se rejoignent pour fertiliser le bassin central, qui les conduit doucement vers l'océan. À la merci d'influences diverses, la région se fragmente en une infinité de pays, dont l'homme a exploité les particularismes au cours des siècles.
Au nord, la poussée des Pyrénées a soulevé le vieux socle du Massif central, qui s'est fracturé en plateaux - le Ségala - et petits massifs. Autant de bouts du monde, fermés par des gorges étroites, où le climat répartit les vignes (montagne Noire), les champs de seigle et les châtaigneraies (Aveyron, Tarn).
Les Causses qui les prolongent, au sud et à l'ouest, sont plus rudes encore. C'était ici le royaume des drailles, ces chemins de cailloux où passaient les troupeaux. Dans le Lot prédominent les garrigues désertes. Avec un sous-sol calcaire troué par les rongeurs, l'eau ne reste pas en surface. Elle explore et façonne les grottes et les galeries souterraines pour resurgir au sein de canyons profonds (Lot, Célé, Aveyron, Tarn...).
Enfin, à l'ouest de la région s'étendent de douces collines (Quercy blanc, Gaillacois, Castrais) qui annoncent la plaine toulousaine. Vignes sur les coteaux, blé dans la vallée, maïs, tournesols, bovins et volailles, les petites fermes s'en donnent à coeur joie et les marchés bourdonnent.

Les vallées pyrénéennes, orientées nord-sud, elles constituent un monde à part qui escalade abruptement la barrière, entre des forêts sombres et des prés à brebis, vers quelque cirque ruisselant de cascades au milieu d'inaccessibles éperons. Autant de sources, de rus, de rivières qui ne tarderont pas à se rejoindre pour aller fertiliser toute une région avant de poursuivre leur course vers l'océan.
Même si l'Ariège figure parmi les départements les moins peuplés de France, les Pyrénées restent une montagne vivante, avec ses châteaux-forts, ses villes d'eau et ses troupeaux paisibles.
En guise de traits d'union entre cette grande barrière et les coteaux et plaines du Nord, les collines pré-pyrénéennes offrent des paysages de transition tout en rondeurs. Elles nourrissent mal leur homme, mais elles suffisent aux bêtes. À l'ouest, le Gers des palmipèdes et du foie gras. Au nord, les sols deviennent calcaires, le paysage se fait plus sec. Quelques rivières ont entaillé les gorges de l'Aveyron. Voilà le causse du Quercy, modeste préambules aux grands causses du Lot et de l'Aveyron.
Au centre de la région s'étend la plaine toulousaine, irriguée par la Garonne, entourée par des coteaux à perte de vue.

« L'eau-toroute » du Roi-Soleil

Le plus grandiose monument du Midi se trouve-t-il à Toulouse, à Sète, à Carcassonne ou à Béziers ? Réponse : partout ! Imaginez 240 km d'une route liquide sous un frais tunnel de platanes, paressant parmi les vergers et les vignes, traversant des cités 3 étoiles, enjambant les fleuves d'un jet d'aqueduc et se haussant du col par des accolades d'écluses (jusqu'à 8 à la fois) aux ovales gracieux...
Détail : tout le canal du Midi témoigne de l'art du Grand Siècle. « On y voit le pays autant et mieux qu'en diligence », s'exclamait Stendhal dans son coche d'eau, tiré par trois chevaux. Un demi-siècle avant, l'agronome anglais Arthur Young en était resté éberlué : « C'est là le plus beau spectacle qu'il m'ait été donné de voir en France. »

SOS ours

Le sujet délicat, hyper-sensible, qui ravit les uns et fâche les autres. La population d'ours n'a fait que régresser durant les siècles précédents, à cause principalement de la chasse et des empoisonnements. Plus de 150 ours étaient présents dans les Pyrénées au début du XXe siècle. On en dénombrait plus de 70 dans les années 1950 et seulement 5 ou 6 en 1995 ! La population est remontée à une quizaine d'individus fin 2005, après le premier lâcher de 3 spécimens en 1996-1997. En 2006, 5 autres ours prélevés en Slovénie ont été relâchés.
L'opinion pyrénéenne est globalement favorable à cette présence, mais il est vrai que, pour les éleveurs de brebis, vivre avec l'ours n'est pas si simple. Des solutions pour protéger les troupeaux existent : les fameux « chiens patous » qui éloignent les prédateurs. Certains éleveurs les utilisent, d'autres souhaiteraient le faire mais sont menacés par de virulents opposants.

Vos chances d'en apercevoir sont minces, car l'ours a généralement peur de l'homme. Si vous en croisez un, ne vous en approchez pas et observez-le de loin.

Le Parc national des Pyrénées

Voici quelques infos, en vrac : créé en 1967. Environ 100 km de long. Superficie de 457 km², dont la plus grande partie est située dans les Hautes-Pyrénées. Quatre vallées pour le département (Aure, Luz-Gavarnie, Cauterets et Arrens, qui forment la Bigorre) et deux autres dans les Pyrénées-Atlantiques (Ossau et Aspe, dans le Béarn).

Marqué tout du long par des balises rouge et blanc avec une tête d'isard, on y trouve des animaux devenus rares en France, notamment le gypaète barbu, endémique des Pyrénées, le percnoptère d'Égypte, l'aigle royal. Mais aussi le desman, ou rat-trompette à cause de la forme de son museau (il est endémique mais presque impossible à photographier !) ; et puis des animaux en plus grand nombre, mais tout aussi intéressants, pour ne pas dire passionnants, comme le vautour fauve (les plus nombreux, près de 150 couples), le grand tétras (coq sauvage difficile à photographier car nocturne, sauf pendant la saison des amours en mai), les isards (près de 5 000, cousins pyrénéens du chamois, n'en déplaise à la rigueur scientifique !) et d'innombrables colonies de marmottes. Sans oublier, à une échelle plus microscopique, les euproctes, ces espèces de tritons. Et on en passe !
En revanche, peu de chance d'apercevoir un ours, et ils sont plutôt « basés » dans le Béarn. Côté botanique, nombreuses fleurs, bien sûr (au moins 400 espèces propres à la chaîne pyrénéenne). Les plus célèbres : la ramonde, la drosera (carnivore), la fritillaire, le lis, le saxifrage à longues feuilles, le chardon bleu, etc. Meilleures périodes : juin et juillet, à la fonte des neiges, et août en haute montagne.

Possibilité de superbes balades et randonnées dans ce pays de montagnes, et d'eau. En effet, que d'eau, que d'eau, que d'eau ! Des lacs par centaines et des « gaves » (rivières ou torrents) sans doute par milliers, où l'on pêche encore la truite et l'écrevisse sauvages et où l'on pratique toujours la pêche à la mouche.
Au moins 350 km de sentiers balisés, plus le GR 10 et la Haute Randonnée pyrénéenne (réservée aux marcheurs expérimentés). Une vingtaine de refuges et de nombreux gîtes d'étape à la périphérie. Promenades avec gardes-moniteurs ou accompagnateurs en montagne. Se renseigner dans les nombreuses Maisons du Parc et dans les offices du tourisme.

Enfin, réglementation obligatoire à respecter pour les randonneurs : pas de feu, ne pas cueillir les fleurs, ne pas laisser d'ordures, pas de chien, pas de chasse, pas de VTT, ne pas déranger les animaux (surtout en période de pariade, nidification, mise bas), etc. Seul le bivouac de nuit avec petite tente est toléré à au moins 1 h de marche de tout accès motorisé

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Dernière mise à jour : le 01/12/2008 à 21h27

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