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Languedoc-Roussillon

Languedoc-Roussillon

Drapeau France





Le vrai Midi, c'était l'autre. Le Languedoc-Roussillon se contentait d'être la voie royale du soleil d'Espagne. Derrière les rambardes de l'autoroute, se profilait une sorte de Midi à demi grillé par le soleil, peuplé de baladins, où les raisins avaient le goût de la colère et les montagnes un parfum d'hérésie. On ne se trompait guère, le Languedoc est une route qui s'emprunte, mais ne se donne pas. Cette région possède cette grâce fonctionnelle des architectures, c'est le pan oriental de l'arc roman par lequel l'Hexagone enjambe la Méditerranée. Elle dessine une sorte d'amphithéâtre en gradins ouverts sur le large... Du port de Narbonne à la foire de Beaucaire, le Languedoc-Roussillon fut un fameux brasseur d'horizons, qui brilla sur l'échiquier européen jusqu'aux jours de l'annexion française. Vous connaissez Nîmes, Carcassonne, Collioure et les châteaux cathares, mais des émotions aussi riches vous attendent à Perpignan, Pézenas, Uzès, dans les nids d'aigle du Minervois, les hauts pâturages de Cerdagne ou les roselières de Camargue.

Carte d'identité

Région

- Superficie : 27 376 km2
- Population : 2 402 000 hab.
- Préfecture régionale : Montpellier
- Principales industries : matériel médical et informatique.

Lozère

- Superficie : 5 167 km2
- Population : 74 000 hab. C'est le département le moins peuplé de France, qui compte trois fois plus d'ovins (environ 225 000) que d'humains !
- Préfecture : Mende (11 800 hab.)
- Sous-préfectures : Florac (2 074 hab.)

Gard

- Superficie : 5 853 km2
- Population : 623 125 hab.
- Préfecture : Nîmes (138 000 hab.)
- Sous-préfectures : Alès (41 000 hab.) et Le Vigan (4 450 hab.)

Hérault

- Superficie : 6 101 km2
- Population : 896 441 hab.
- Préfecture : Montpellier (225 400 hab.)
- Sous-préfectures : Béziers (71 400 hab.) et Lodève (7 100 hab.)
- Nombre de communes : 343 communes

Aude

- Superficie : 6 139 km2
- Population : 309 952 hab.
- Préfecture : Carcassonne (46 200 hab.)
- Sous-préfectures : Limoux (10 200 hab.) et Narbonne (48 000 hab.)
- Nombre de communes : 35 cantons dont 438 communes

Pyrénées-Orientales

- Superficie : 4 116 km2
- Population : 392 900 hab.
- Préfecture : Perpignan (108 000 hab.)
- Sous-préfectures : Céret (7 550 hab.) et Prades (5 800 hab.)

Infos pratiques

Renseignements touristiques

- Comité régional du tourisme du Languedoc-Roussillon : 20, rue de la République, CS 79507, 34960 Montpellier Cedex 2. Tél : 04-67-22-81-00. Fax : 04-67-64-47-48. E-mail : contact.crtlr@sunfrance.com. Internet : www.sunfrance.com.
- Comité départemental du tourisme (Aude) : Conseil général de l'Aude, 11855 Carcassonne. Tél. : 04-68-11-66-00. Fax : 04-68-11-66-01. Internet : www.audetourisme.com Ouvert de 8 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h.
- Comité départemental du tourisme du Gard : 3, place des Arènes, BP 122, 30010 Nîmes. Tél. : 04-66-36-96-30. Fax : 04-66-36-13-14. Internet : www.tourismegard.com.
- Comité départemental du tourisme (Hérault) : avenue des Moulins, 34184 Montpellier Cedex 4. Tél. : 04-67-67-71-71. Internet : www.herault-tourisme.com Dans le quartier des facultés, un peu excentré
- Comité départemental du tourisme de la Lozère : 14, bd Henri-Bourillon, BP 4, 48002 Mende Cedex. Tél. : 04-66-65-60-00. Fax : 04-66-49-27-96. Internet : www.lozere-tourisme.com. E-mail : cdt.lozere@france48.com. Ouvert toute l'année du lundi au vendredi de 8 h 30 à 12 h et de 13 h 30 à 17 h 30.
- Comité départemental du tourisme (Pyrénées Orientales) : 16, avenue des Palmiers, 66 202 Perpignan. Tél. : 04-68-51-52-53. Fax : 04-68-51-52-50. Internet : www.cdt-66.com. E-mail : tourisme.roussillon.france@wanadoo.fr.

Hébergement

Gîtes de France

Gîtes de France : 59, rue Saint-Lazare, 75009 Paris. Tél. : 01-49-70-75-75. Internet : www.gites-de-france.fr. M. : Saint-Lazare. Les réservations se font auprès des relais départementaux des Gîtes de France :

- Pyrénées-Orientales : 3, boulevard de Clairfont, Naturopôle Bâtiment D, 66350 Toulouges. Tél. : 04-68-68-42-88. Fax : 04-68-68-42-87. Internet : www.gites-de-france-66.com.
- Aude : 78 ter, rue Barbacane, 11000 Carcassonne. Tél. : 04-68-11-40-70. Fax : 04-68-11-40-72. Internet : www.gites-de-france-aude.com.
- Hérault : maison du tourisme, 1977, avenue des Moulins, BP 3070, 34034 Montpellier Cedex. Tél. : 04-67-10-48-40.
- Gard : 3, rue Cité-Foulc, BP 59, 30007 Nîmes Cedex 4. Tél. : 04-66-27-94-94. Fax : 04-66-27-94-95. Internet : www.gites-de-france-gard.fr.
- Lozère : même adresse que le CDT. Réservations : Tél. : 04-66-48-48-48.

Carte internationale d'étudiant (ISIC)

Elle prouve le statut d'étudiant et permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des avantages exclusifs sur le voyage (billets d'avion spéciaux, assurances de voyage, cartes de téléphone internationales, locations de voiture, navettes d'aéroport …), l'hébergement, la culture, les loisirs ...
Toutes les infos complémentaires sont sur : www.isic.fr.

Carte internationale des auberges de jeunesse (FUAJ)

Cette carte, valable dans 62 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient (au Japon notamment).
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.

Activités

Fêtes, festival et manifestations culturelles

- Festival de la Cité : à Carcassonne tous les ans en juillet. Danse, musique, théâtre, variétés. Programme : Tel : 04-68-11-59-15.
- Spectacle médiéval : à Carcassonne, en juillet et août. Spectacles médiévaux, joutes et animations de rue. Renseignements, tél. : 06-67-35-25-62, ou bien à l'office du tourisme ou au Comité départemental du tourisme.
- Fête des Vendanges : à Banyuls s/mer : le 3e week-end d'octobre.
- Festival international de la Randonnée (FIRA) : les week-ends de l'Ascension et de la Toussaint à saint-Jean-du-Gard.
- La féria ou Nîmes en fête (Gard) : grande fête qui accompagne toujours les corridas. Bureau de location des arènes : 4, rue de la Violette. Tél. : 0891-701-401. Internet : www.arenesdenimes.com.
- La féria de Pentecôte : elle dure 5 jours (du jeudi soir au lundi). C'est la fête la plus populaire d'Europe, avant la fête de la Bière de Munich... Les novilladas (corridas pour toreros débutants) ou corridas à cheval ont lieu le matin, à 11 h. La corrida en elle-même commence vers 17 h. Le jeudi soir, pour l'ouverture, grand défilé populaire sur les boulevards (Pégoulade)
- La féria des Vendanges : le 3e week-end de septembre à Nîmes. À cette occasion aussi, de nombreuses bodegas sont ouvertes dans les rues. Plus authentique et spontané qu'à la Pentecôte.
- La féria de Primavera : créée récemment à Nîmes, elle est organisée en février. On ferme alors le toit en vélum des arènes. Pas d'animation particulière, à part les novilladas aux arènes.

Activités sportives

Randonnées

Beaucoup de randonnées et de balades sympas à faire dans tout le Cabardès. Itinéraires et fiches très bien faites disponibles auprès du CDT.

- Les capitelles de la garrigue : trois boucles de promenade. Renseignements auprès de la mairie de Conques. Tel : 04-68-77-17-57.
- La petite boucle de Limousis : circuit de 3,5 km en boucle. Compter 1 h 30 sans les arrêts. Pas de difficultés. Partir de Limousis situé à 15 km de Carcassonne par la D101 puis la D111. Balisage jaune et bleu. Renseignements au service de la randonnée au 04-68-26-31-24.
- Sentiers de randonnée aux Cévennes : le parc national des Cévennes est traversé par le sentier de grande randonnée GR 7 (Vosges-Pyrénées), les GR 6 et 60 (Rhône-Cévennes), ainsi que le GR 66 (tour de l'Aigoual), le GR 67 (tour des Cévennes), le GR 68 (tour du mont Lozère), et bien sûr le GR 70 (chemin de Stevenson). Mais il existe aussi près de 300 sentiers de petite randonnée : des boucles d'une demi-journée ou d'une journée, toutes balisées par le parc, à différents points des Cévennes.
- Le chemin de Stevenson, avec ou sans âne (Cévennes) : long de 220 km, allant de Monastier (Haute-Loire) à Saint-Jean-du-Gard (Gard) via Langogne, Le Bleymard, Pont-de-Montvert et Saint-Germain-de-Calberte en Lozère.
- Le Mont Aigoual (Cévennes) : sentier de petite randonnée, sentier GR 66 : le tour de l'Aigoual.
- Le tour du Mont Lozère à pied : sentiers de petite randonnée (en boucles)
- Randonnées à Florac : à pied, le sentier de Florac et les sentiers en boucle : 7 sentiers en boucle (de 1 h à 5 h). À cheval, randonnées equestres qui vous permettront de découvrir les environs de Florac, très riches en sites et en paysages variés.- Randonnées en Hérault : la Fédération Française de Randonnée Pédestre a édité un topoguide très complet, L'Hérault à pied, décrivant les plus belles randonnées du Haut Languedoc aux portes de Montpellier.

Le canal du Midi

- Location de house-boats et balades sur le canal du Midi : si, depuis 1988, l'activité commerciale a totalement cessé, de nombreuses compagnies proposent des croisières de 2 à 7 jours entre Trèbes et Marseillan. Départs possibles de Castelnaudary et Port-Cassafière.- Le canal du Midi à pied ou à VTT : 5 balades à moduler selon le courage et les goûts de chacun. Le retour au point de départ pourra se faire en train ou en bus : des Onglons à Agde (8 km) ; de Béziers à Capestang (19 km) ; du Somail à Homps-Minervois (21 km) ; de Marseillette à Trèbes (9 km) ou Carcassonne (21 km) ; de Narbonne-Mandirac à l'île Sainte-Lucie par le canal de la Robine (19 km. Internet : www.canalmidi.com.

Culture et traditions

Architecture

La région fut l'un des grands creusets de l'art roman. Il y a les cathédrales fortifiées, comme à Béziers; les abbayes démarquées de l'architecture romaine, comme Saint-Gilles dans le Gard, dotée d'un arc de triomphe et de frises de théâtre antique. En Roussillon, vous ne saurez plus où donner de la tête. À elle seule, cette petite province compte 220 édifices romans, 750 retables baroques et une centaine de Vierges romanes. Les églises, magnifiques, dressent de gros clochers carrés à toits plats et, dans leur obscurité douce aux relents d'encens, on voit des saints blêmes aux joues rosâtres se convulser dans les souffrances. À l'ombre du Canigou, montagne sacrée où se dresse la plus belle de ses abbayes, Saint-Martin, vous trouverez des cloîtres extraordinaires avec des colonnes en torsades et des chapiteaux ornés de bêtes horribles ou de fleurs maléfiques (Elne, Saint-Michel-de-Cuxa, Serrabone).

Figures célèbres

- Saint Benoît : il fonda un couvent à Aniane (Hérault), il y réforma la règle bénédictine.
- Trencavel : les Trencavel possédaient Nîmes, Albi, Agde, Béziers, Razès et surtout Carcassonne, siège d'une cour brillante. Après les troubadours, ils protégèrent activement les cathares.
- Le Zohar : livre de la Splendeur, le livre majeur de la Cabale, composée de divers traités, a été rédigé en araméen par Moise de Léon.
- Saint Dominique : installés à Fanjeaux, près de Limoux, les convertis formèrent les premiers dominicains.
- Urbain V : le seul pape du Languedoc fut un noble du Gévaudan (1310-1370).
- Molière : principal agent touristique de la ville de Pézenas qui fut longtemps son port d'attache (1622-1673).
- Rigaud : on lui doit les portraits officiels de Louis XIV, Louis XV, Vauban, La Fontaine, etc (1659-1743).
- Jean Chaptal : l'un des grands chimistes du XVIIIe siècle.
- Paul Valéry : le plus intellectuel de nos poètes a largement mis en littérature la ville et la mer. "Le cimetière marin", c'est celui de Sète où il repose désormais.
- Jean Jaurès : éloquence et radicalisme, Jaurès l'indomptable, né à Castres, est un Languedocien grand teint.
- Joseph Joffre : son titre de vainqueur de la Marne est plus contesté que ses moustaches, les plus célèbres de la guerre de 1914-1918. Il est le fils d'un tonnelier de Rivesaltes.
- Georges Brassens : monument de la chanson française. Respect.
- Claude Simon : le Nobel de littérature de 1985 est un Catalan pure souche.

Et aussi : Fabre d'Eglantine, André de Chénier, Armand Barbès, Charles Cros, Alphonse Daudet, Jean Moulin, André Chamson, Rivarol, Joseph Delteil, André Gide, Arthur Conte, Jean-Pierre Chabrol, Jean Carrière, Jacques Séguéla, Maillol, Joe Bousquet …

Langues régionales

Née au 12e siècle, la langue d'oc descend tout droit du latin. L'oc-citan désigne l'ensemble des parlers de langue d'oc (parlers du Nord, limousin, auvergnat, provençal …) À l'heure actuelle, l'occitan est compris par un tiers des habitants du Languedoc-Roussillon, c'est-à-dire environ 1 million et demi de personnes. Aujourd'hui trois langues différentes sont parlées dans la région : le français, l'occitan et dans une moindre mesure le catalan. Toutes les trois sont des langues vivantes mais aussi enseignées … Les écoles occitanes touchent 10 % de la population scolarisée.

Animaux emblématiques et traditions dans l'Hérault

- Le poulain de Pézenas : chaque année lors de Mardi Gras et du 1er dimanche de juillet, une dizaine de Piscérois promènent leur mascotte, un bel animal de bois, dans toute la ville. Cette tradition commémore la naissance d'un poulain royal sous Louis VII.
- Le chameau de Béziers : il symbolise la monture avec laquelle Saint-Aphrodise, le premier évêque de la ville, arriva à Béziers. Aujourd'hui, emblème de la cité, le chameau sort en avril pour la Saint-Aphrodise.
- Les Pailhasses de Cournonterral : le Bayle Pailhas eut l'idée au XIVe siècle d'habiller les habitants de façon effrayante pour dérouter une armée, en l'occurrence celle constituée par les habitants d'Aumelas, un village voisin. Depuis ce jour, le mercredi des Cendres, de jeunes Pailhasses se roulent dans la lie de vin et poursuivent les autres avec l'intention de les tacher.
- La bouteille de Frontignan : le célèbre muscat est vendu en bouteille torsadée, en souvenir d'Hercule qui, voulant extraire la dernière goutte du précieux breuvage, tordit la bouteille de ses divines et puissantes mains.

Gastronomie

Merveilles de gueule

A chaque province, son roi. Dans le Vivarais, c'est l'agneau. Dans les Cévennes, charcuteries et fromages. Pendant que le cassoulet règne sur l'arrière-pays, la côte se délecte de cigales de mer, d'huîtres de Thau, d'anchois de Collioure et de poisson de partout. Dans le Languedoc, les plats sentent bon la garrigue et les légumes rouges, les desserts ont la délicatesse des nuages. En Roussillon, l'Espagne est là, un peu lourde certes, mais noble et réjouissante.

- Aioli : en Roussillon, ce mélange d'huile d'olive, de jaunes d'oeufs, de jus de citron et d'ail agrémente soupes et cargolades.
- Blanc-manger : gelée de blanc de poulet à l'émulsion d'amandes, doucement épicée.
- Bleu des Causses : fromage persillé, plus sec et plus amer que son cousin de Bresse.
- Boles de Picolat : boules de viandes mijotées dans une sauce épaisse et parfumée.
- Bouillabaisse : la languedocienne ajoute jambon cru, saindoux et poireaux aux traditionnels poissons de roche, liés avec une purée de petits poissons.
- Bouillinade : sorte de bouillabaisse sans liant ni aïoli, accompagnée de pommes de terre.
- Bourboulhade : cette soupe de morue à l'ail fait partie du quotidien des pêcheurs.
- Bourride : gloire de Sète, elle utilise indifféremment lotte, seiche ou baudroie. On la cuit en 10 mn à l'eau de mer puis on la lie avec un aioli.
- Brandade : cette purée de morue émulsionnée à l'huile est encore meilleure avec de l'ail.
- Brochettes : moules ou petits poulpes au gril.
- Cabassols : pour amateurs de têtes d'agneau, ici dorées au four avec du saindoux.
- Crème catalane : sous la carapace de caramel, une onctuosité aux parfums d'anis et de cannelle.
- Escargots : en fricassée, en aillade, en soupe et même en bouillabaisse.
- Fuet : fine saucisse sèche catalane.
- Gambas a la planxa : c'est-à-dire cuites au gril et servies sur planche de bois.
- Millas : gâteau de farine de mais et de saindoux, présenté en dessert.
- Mourtayrol : délicieux pot-au-feu de poule grasse au safran.
- Pelardons : excellents petits chèvres des Cévennes.
- Petits pâtés de Pézenas : du rôti de mouton et de la cassonade enrobés de pâte au saindoux.
- Roussillonnade : champignons grillés avec de la saucisse sur un feu de pommes de pin.
- Rousquille : petit gâteau en forme de roue recouvert d'une fine couche blanche, sucrée et légèrement anisée.
- Rouzole : crêpe au lard et au jambon, liée avec des oeufs et de la mie de pain.
- Saupiquet : sauce à gibier intégrant le foie de l'animal.
- Seiches farcies : lourde spécialité sétoise, associant la chair à saucisses aux tentacules hachés pour farcir le corps de l'animal.
- Touron : nougat mou, sandwich entre deux hosties, pâte d'amande piquée de pignons.

Merveilles de gosier

Partout les petits vins relèvent la tête à l'ombre d'un grand seigneur méconnu, le banyuls.

- Banyuls : sombre, dense, corsé, un vrai catalan que ce “porto français”. On le boit à tout propos car c'est le meilleur vin français du genre. Le banyuls est un nectar rare, issu de coteaux abrupts et radins.
- Blanquette de Limoux : cette aieule de tous les mousseux, champagne compris, a fait un bond en finesse qui étonne les gastronomes.
- Byrrh : apéro de Thuir (Roussillon).
- Cabrières : bon rosé fruité et nerveux de l'Hérault.
- Clairette du languedoc : vin blanc “tranquille” de l'Hérault, de cépage clairette.
- La clape : un cru de Corbières très recommandable pour ses rouges épicés, puissants mais fins.
- Collioure : vins de soleil issus principalement de grenache noir.
- Corbières : le quatrième vignoble français d'appellation contrôlée est un monde à lui seul. Les hautes Corbières donnent les vins les plus corsés, souvent élevés en barriques. En montagne d'Alaric, ils sont plus frais, acides et parfumés. Les Corbières maritimes font dans le goût primeur, assez velouté. Et les Corbières centrales mixent ces influences.
- Costières-de-nîmes : bon équilibre fruit/structure ; assez légers pour être bus au quotidien.
- Coteaux-du-languedoc : nom générique des vignobles où chaque producteur est un cas particulier.
- Côtes-du-rhône : la rive languedocienne du Rhône produit des rouges plus légers, fruités et rafraîchissants qu'en face. Deux crus, tavel et lirac, plus trois “villages”, laudun, chusclan et saint-gervais.
- Côtes-du-roussillon : au moins 6 cépages et une infinité de micro-zones.
- Faugères : du carignan, oui, mais du “carignan de schiste", qui vous fait presque des grands vins. Tanin fin, fruit élégant ...
- Fitou : ce splendide carignan de schiste a son appellation propre au coeur des Corbières.
- Lirac : ce très ancien cru des côtes-du-rhône ne facture pas cher ses vins pourtant plaisants, très droits et de haute qualité
- Maury : en lisière des Corbières, un concurrent sérieux du banyuls.
- Minervois : 18 000 ha de vignes ! Plus le paysage est beau, meilleur y est le vin.
- Muscats : à Frontignan, Lunel, Mireval, Saint-Jean-de-Minervois, quoique les plus réputés viennent de Rivesaltes, en Roussillon.
- Picpoul : blanc sec et souple de la commune de Pinet, dans l'Hérault.
- Quatourze : le vin de Narbonne roule les mécaniques mais manque de caractère.
- Saint-chinian : deux types de vins produits au nord-ouest de Béziers. Des carignans de schiste et des rouges durs, épais, qu'il faut garder en cave. Le saint-chinian courant est un mélange des deux.
- Saint-saturnin : un rouge cévenol de caractère, agréable et bien équilibré
- Tavel : arômes de grenadine, bouquet délicieusement floral, amertume élégante, le tavel est le seul rosé “de race” au monde.

Un peu d'histoire

Quelques faits d'histoire

450 000 av. J.-C. : à Tautavel, dans le Roussillon, le plus vieil Européen connu. Vers - 600 av. J.-C. : les Grecs de Marseille fondent Agde. Vers - 120 av. J.-C. : à l'appel des Marseillais, les Romains annexent la Provence gauloise et son alliée : le Languedoc. Fondation de Lugdunum (Saint-Bertrand-de-Comminges), Béziers et surtout Narbo Martius (Narbonne). 413 : les Vandales et les Alamans n'avaient fait que passer. Les Wisigoths s'installent à Narbonne. Leur royaume, qui couvre toute l'Espagne et la France du Sud, laissera de bons souvenirs. Ce sont les Wisigoths qui arrêtent Attila. 720 : l'émir al Samh, conquérant de l'Espagne, s'empare de Narbonne. Les Wisigoths continuent d'administrer le pays. 759 : les Francs prennent Narbonne. 778 : Roncevaux. Les Carolingiens font de la Catalogne (Gothalunia) un avant-poste antimusulman : la marche d'Espagne. Afflux de réfugiés chrétiens en Languedoc. 1002 : premier acte rédigé en langue d'oc. 1209-1255 : croisade contre les cathares. 1276-1344 : naissance et mort du royaume de Majorque. XVI e siècle : le Languedoc oriental passe au calvinisme. 1566 : fondation du port de Sète. 1659 : le traité des Pyrénées donne le Roussillon à la France. 1685 : la révocation de l'édit de Nantes interdit aux protestants de célébrer leur culte. Envoyés aux galères, les prédicateurs des Cévennes passent le flambeau aux " prophètes ". La révolte des camisards tiendra deux ans en échec l'élite des troupes royales. 1790 : les protestants passent à la Révolution, les catholiques demeurent fidèles au roi. 1851 : insurrection contre le coup d'État de Napoléon III. 1907 : insurrection des vignerons contre le gouvernement Clemenceau. 2002 (septembre) : inondations dévastatrices dans les départements du Gard et de l'Hérault. 85 % du territoire du Gard furent engloutis et de nombreuses victimes à déplorer. Aujourd'hui, les lieux ont retrouvé leur beauté d'autrefois. 2004 (décembre) : le majestueux viaduc de Millau, le plus haut du monde, s'ouvre à la circulation.

L'âge d'or

Le XVIIIe siècle de l'apogée française est aussi celui du Sud-Ouest. Pendant que le canal du Midi relie le port du Levant et de l'Europe du Nord (Sète) au port des colonies (Bordeaux), Beaucaire reste la première foire de France. Les Cévennes produisent et tissent 15 % de la soie française, des hauts fourneaux viennent relayer les mines de charbon du bassin d'Alès. De son côté, Montpellier travaille le coton et Chaptal y invente l'industrie chimique. Enfin, le vignoble croît et se multiplie. Les plus beaux quartiers d'Uzès, de Pézenas, de Montpellier, de Sète portent la griffe des XVIIe et XVIIIe siècles.

1907 : un millésime rouge sang

En 1907, une crise sociale majeure : la révolte des vignerons. Le siècle dernier fit du vin la monoculture des régions pauvres. Privée de vin par le phylloxéra, la France avait pris des habitudes de chaptalisation et d'importation massives. La surproduction fit s'effondrer les prix, jetant les vignerons dans la misère. Les ouvriers agricoles écrivent au gouvernement. Le 5 mai à Narbonne : 100 000 manifestants. Le mois d'après, ils sont 800 000 à Montpellier. Par solidarité, les élus démissionnent. Au gouvernement, Clemenceau réagit enfin. 180 000 hommes prennent d'assaut la région. Devant l'émeute, ils chargent comme à Reichshoffen. L'ordre règne à Narbonne - 6 morts - comme à Montpellier - 50 blessés. Clemenceau peut enfin donner satisfaction aux vignerons : une loi contre la chaptalisation est promulguée. Soixante-dix ans plus tard, CRS et viticulteurs s'entretueront à Montredon.

L'histoire des cathares dans l'Aude

En 1165, l'évêque d'Albi organise une réunion entre " vrais " catholiques et ces réformateurs appelés par dérision " cathares ", du mot grec katharos signifiant purifié. Rome les condamne solennellement pour hérésie. La religion cathare repose sur le dualisme, une doctrine venue de l'Antiquité et remise au goût du jour par quelques Bulgares appelés Bogomiles. Un constat : le monde est partagé entre le Bien et le Mal. Pour les cathares, dont les " parfaits " forment une sorte de clergé, les " bonshommes " étant leurs ouailles, le salut consiste à se libérer du Mal : interdiction de tuer tout être humain ou animal, obligation de jeûner, abstention de tout rapport sexuel, interdiction de prêter serment, obligation de travailler. L'Église s'affola, le pape dépêcha des légats en Occitanie. L'assassinat de l'un d'eux déclencha la croisade contre les cathares. Les seigneurs du Nord partirent pour combattre l'hérésie. Premier fait d'armes : le massacre de Béziers. Catholiques et cathares furent exterminés sans distinction. Carcassonne fut investie peu après, son siège ne dura que 15 jours. Simon de Montfort prit alors le titre de vicomte de la ville. Il allait devenir le chef des croisés et anéantir les unes après les autres les cités cathares : Termes, Puivert, etc. Les seigneurs du Sud s'étaient ligués contre les croisés et le choc se déroula à Castelnaudary. Le match fut remporté par les croisés. Raymond VI battu, Raymond VII entra en scène et reprit Toulouse en 1216. Montfort décida d'assiéger une nouvelle fois la cité. Il mourut touché à la tête par une pierre. À ce moment, le roi entra dans la bataille. Louis VIII, sentant son pouvoir menacé, déclara les cathares " ennemis du roi et de l'Église ". Le pape inventa l'Inquisition. La résistance cathare s'organisa dans les châteaux de Montségur, Puilaurens, Quéribus et Peyrepertuse. Mais l'assassinat de deux inquisiteurs, en 1242, déclencha une répression terrible et sanglante qui aboutit à la chute de Montségur deux ans plus tard. Les hérétiques furent brûlés. En 1321, le dernier " parfait " périt sur le bûcher. Les motifs religieux du départ s'étaient fondus dans une sombre affaire de pouvoir et de politique.

Un conflit Nord-Sud

L'hérésie a ses saints (les parfaits), son au-delà (la réincarnation), son sacrement (le consolamentum, accordé aux mourants) et des exigences d'égalité, de chasteté et de pureté totale (interdiction de manger de la viande) que ne devait guère incarner la société de l'époque. Partout, évêques et princes répriment. Partout sauf au Languedoc. Les cathares y ont des châteaux, des hommes d'armes, leurs évêques tiennent des conciles internationaux. Innocent III n'hésite plus à proclamer la croisade. Les seigneurs hérétiques sont déchus, leurs biens déclarés " proie ". En France du Nord les bonnes âmes s'arment. En 1209, première proie : Béziers, un massacre, Carcassonne tombe à son tour. Les Cathares qui n'ont pas brûlé ont pris la route des Corbières. Là-haut, de petits seigneurs mènent toujours la guérilla. 1255, Quéribus est pris. Tout est fini.

La terre et les hommes

Économie

L'agriculture constitue la pièce maîtresse de l'économie de la région grâce aux vignobles notamment, les plus étendus de France, mais aussi aux cultures maraîchères et fruitières. Le tissu industriel est pauvre et marqué par un fort déséquilibre géographique. Les activités et la population s'agglutinent sur le littoral et le sud-est. Une récente montée du secteur tertiaire s'avère très positive pour l'économie de la région, dont le taux de chomâge est de quatre points supérieur à la moyenne nationale. Sans oublier l'apport du tourisme : le Languedoc-Roussillon est situé au top 5 des régions les plus visitées de France. À noter également, la richesse du secteur traditionnel avec la présence de nombreux artisans et commerçants régionaux.

Géographie et environnement

Le littoral est riche en espèces protégées et l'arrière-pays propice à l'écotourisme. Aux stations balnéaires de la côte s'ajoutent les montagnes qui couvrent la moitié du territoire et les garrigues. Une richesse naturelle que la région s'efforce de protéger avec la constitution de 2 parcs nationaux et aucune construction sur 60 % du littoral. Le Languedoc-Roussillon est tout orienté vers la Méditerranée, gigantesque amphithéâtre à 3 niveaux : les montagnes, la garrigue et la plaine.

Le parc National des Cévennes

Créé le 2 septembre 1970, le parc intervient sur une zone dite “protégée” qui couvre 52 communes (au total, 591 habitants) et s'étend sur plusieurs terroirs différents : le mont Lozère (1 700 m), le mont Aigoual et le Lingas (1 565 m), les hautes vallées des Gardons (vallées Longue, Borgne et Française), la montagne du Bougès (1 421 m) et le causse Méjean, vaste plateau dénudé et superbe.

Il comporte une zone centrale de 91 279 ha entièrement protégée. Cette zone étant habitée, les activités agricoles et forestières y sont autorisées mais contrôlées. La réserve mondiale de la biosphère des Cévennes, définie par l'Unesco en 1985, s'étend sur l'ensemble du parc. De fait, 14 000 ha sont totalement protégés de toute incursion. Cette réglementation permet de conserver intacts le patrimoine génétique animal et végétal de la région et le patrimoine architectural, et de procéder à l'entretien des paysages qui avaient tendance à évoluer de manière catastrophique en raison de l'exode rural. Aujourd'hui, ce programme protège et gère 89 espèces de mammifères, 208 espèces d'oiseaux, 17 espèces de reptiles et 18 d'amphibiens, 24 espèces de poissons. Des vautours-fauves, des coqs de bruyère, des castors, des cerfs et des chevreuils ont été réintroduits par ses soins. Le parc, c'est aussi l'autorité scientifique, presque la conscience morale de la région.

L'identité occitane

Pendant la guerre du Larzac, le bruit courut qu'une nouvelle nation d'opprimés se révoltait contre le centralisme jacobin. L'Occitanie n'a manqué que d'un Bismarck pour exister. Sa langue est un trésor : 160 000 mots, contre 30 000 en français. Littérature, solidarité urbaine, tolérance : l'Occitanie du XIe siècle était très en avance sur son temps. Trop, puisque sa complaisance envers les cathares signa sa perte. Guerres de Religion, camisards, Révolution, 1848, 1870, 1907 : chaque occasion lui fut bonne pour se révolter contre le mépris de ceux du Nord.

L'identité catalane

Le fort de Salses : la frontière avec la Catalogne. C'est ici, entre la plaine du Roussillon, les coteaux des Aspres et du Conflent, les hautes vallées du Vallespir, de Cerdagne et du Capcir, qu'est née la puissance la plus dynamique de la Péninsule. Ces petits royaumes pyrénéens, où l'on parlait une langue ayant des traits caractéristiques communs aux langues ibéro-romaine et gallo-romaine –le catalan–, ont conquis sur les sarrasins le comté de Barcelone, puis le royaume de Valence et l'Aragon. Mais les Catalans étaient avant tout des marins. Perpignan vécut dans l'ombre de Barcelone jusqu'au jour où le roi d'Aragon en fit la capitale d'un petit Etat, le royaume de Majorque. Il en reste un merveilleux palais et des souvenirs d'opulence que Perpignan, jamais, ne parvint à oublier. Et puis, en 1659, le traité des Pyrénées fait du Roussillon la talonnette de la France. De Gaudi à Tapies en passant par Miro, la renaissance de l'art catalan ignore les frontières, Dali et Picasso arpentent le Roussillon, et lorsque Pau Casals s'installe à Prades pour fuir le franquisme, il est chez lui.

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