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Corse

Corse

Drapeau Corse





L'« île de Beauté ». Ça ressemble à un slogan touristique et pourtant, c'est vrai de vrai. Montagnes de porphyre rouge, pinèdes et châtaigneraies, calanches dégringolant dans la mer violette, à deux pas d'une plage déserte... S'il est une chose dont les Corses sont fiers, c'est de la Corse ! Et juste titre ! En vous perdant dans les profondeurs parfumées du maquis, vous découvrirez des villages rouges perchés sur des falaises. Attaquant de prodigieux saucissons, vous enchaînerez sur le « fromage qui marche tout seul » en écoutant d'étranges musiques psalmodiées « à l'orientale » dans une langue vieille de deux cents ans. Que d'exotisme pour nous, Latins du Nord ! Nation ancienne fortifiée par une longue histoire, la Corse a un sacré panache. Et un tempérament corsé ! Et régulièrement, elle envoie promener les démons du béton et du fric. C'est pour ça qu'on l'aime.

Carte d'identité

- Divisions administratives : une région (la Corse) avec Ajaccio pour chef-lieu, et deux départements : la Corse-du-Sud (avec Ajaccio pour préfecture) et la Haute-Corse (avec Bastia pour préfecture). C'est la création de la région Corse, en 1970, qui a amenée cette division, pérennisée en juillet 2003 par le refus de la réforme institutionnelle.
- Superficie : 8 681km². C'est la quatrième île de la Méditerranée après la Sicile, la Sardaigne et Chypre.
- Point culminant : le Monte Cinto (2 710 m), et des dizaines de sommets à plus de 2 000 m.
- Population : 260 000 habitants.
- Diaspora : on estime à 2 millions le nombre de Corses vivant hors de l'île (estimation comprenant les Corses nés en Corse, et leurs enfants quand ils ont gardé un lien avec l'île, ce qui est très fréquent). Marseille serait ainsi la première ville corse au monde, avec environ 300 000 Corses.
- Population active : 37 % de l'ensemble de la population. Beaucoup de retraités.
- Tourisme : première activité économique de l'île qui contribue à hauteur de 11 % au PIB régional.
- Littoral : environ 1 034 km de côtes, dont 202 km sont protégés par le Conservatoire du littoral.
- Forêts : elles couvrent près du tiers de la Corse, le maquis occupant 40 % des terres.
- Rivières : 90 % des rivières sont vierges de toute pollution.
- Plaine orientale : 10 % seulement du territoire. Mais elle produit 80 % de la richesse agricole de la Corse (soit 8 % du total des richesses).
- Produits exportés : à 80 % ce sont des produits provenant de la viticulture, des agrumes (citrons, oranges, clémentines) et des fruits (pêches, abricots, poires, cerises).

Infos pratiques

Renseignements touristiques

- Agence du tourisme de la Corse : 17, bd du Roi-Jérôme, BP 19, 20181 Ajaccio Cedex 1. Tél. : 04-95-51-00-00. Internet : www.visit-corsica.com.
- Relais régional des gîtes de France : 77, cours Napoléon, BP 10, 20000 Ajaccio. Tél. 04-95-10-54-30 ou 31. Fax : 04-95-10-54-38. Internet : www.gites-corsica.com . Propose la liste des gîtes ruraux, chambres d'hôtes et campings à la ferme. On peut écrire directement au propriétaire.
- Parc naturel régional de la Corse : 2, rue du Sergent-Casalonga, 20000 Ajaccio. Tél. : 04-95-51-79-10. Internet : www.parc-naturel-corse.com. Toutes infos sur le parc, le GR 20 et les prestataires de services.

Hébergement

Auberges de jeunesse

Il n'y en a plus …

Gîtes d'étape

Très bien pour les randonneurs car on y trouve le plus souvent un dortoir, ou des chambres de 4 lits, un coin-cuisine, de quoi se réchauffer le soir. Ils proposent toujours aussi la demi-pension. Situés près des sentiers du parc régional (« Mare a Mare », « Mare e Monti »), en montagne ou sur le littoral.
Attention, pas de gîte d'étape sur le GR 20, uniquement des refuges où la réservation est impossible.
Liste des gîtes disponible sur le site Internet : www.gites-refuges.com.

Hébergement en couvent

Une façon de voir la Corse sous un angle plus spirituel que d'ordinaire. Cela dit, on n'est pas obligé de suivre toutes les règles monastiques, simplement d'observer un minimum de silence pour ne pas troubler la vie des moines. Hébergement simple et à prix raisonnables. Téléphoner avant, demander le frère hôtelier.

- Couvent de Corbara : à Corbara (Balagne), tél. : 04-95-60-06-73.
- Couvent de Vico, tél. : 04-95-26-83-83.
- Couvent de Calacuccia, tél. : 04-95-48-00-11.
- Couvent de Marcasso, tél. : 04-95-61-70-21.
- Maison Saint-Hyacinthe, tél. : 04-95-33-28-29.

Campings

L'île est plutôt bien pourvue : 190 campings qui ouvrent en général de mai à octobre, parfois un peu plus longtemps. Choisir en priorité les campings ombragés (pins, eucalyptus, oliviers). Compter en moyenne 14 à 20 € (voire davantage) en pleine saison pour une nuit pour deux avec tente et voiture.
Et rappelons enfin que le camping-sauvage est strictement interdit !

Chambres d'hôte

La formule se développe. On y dort et on peut y prendre le petit déjeuner en général à des prix raisonnables (50 à 65 € en moyenne).
Beaucoup sont affiliées aux Gîtes de France. Il existe une association basée dans le cap Corse, regroupant des propriétaires de gîtes et chambres d'hôtes sur toute l'île. Tél. : 04-95-58-19-55. Internet : www.hebergement-corse.com.

Gîtes de France

À l'évidence la meilleure solution pour séjourner en Corse. Surtout en famille. Car même en haute saison, on trouve des gîtes tout équipés pour 4 à 6 personnes à partir de 400 euros environ la semaine, et presque deux fois moins chers hors saison : un tarif imbattable.
Renseignements et réservations : Relais Régional des gîtes de France : 77, cours Napoléon, 2000 Ajaccio. Service de réservation : BP 10, 20181 Ajaccio Cedex 1. Tél. : 04-95-10-54-30 ou 31. Fax : 04-95-10-54-38. Internet : www.gites-corsica.com.

Hôtels

Une bonne formule quand on voyage en couple et qu'on peut se payer le resto, et qui présente l'avantage d'une grande souplesse. Il y a près de 400 hôtels en Corse. On trouve encore des petits établissements bon marché et discrets.

Transports intérieurs

- Auto-stop : ici comme ailleurs, ça ne fonctionne pas trop mal.
- Moto : de plus en plus de routards découvrent la Corse à moto. Pas de problème à signaler mais éviter la vitesse.
- Bus et autocars : le littoral est desservi, mais les fréquences sont faibles. Moyen de transport le plus économique. Voici les principales compagnies : Eurocorse Voyages (20000 Ajaccio, tél. : 04-95-21-06-30 et Internet : www.eurocorse.com) ; Beaux Voyages (20260 Calvi, tél. : 04-95-65-11-35) ; Les Rapides Bleus (20137 Porto-Vecchio, tél. : 04-95-70-10-36) ; Ceccaldi Voyages (2000 Ajaccio, tél. : 04-95-22-41-99).
- Train : les lignes Ajaccio-Bastia via Corte et Ajaccio-Calvi traversent des paysages grandioses. À ne pas louper ! Et ne manquez pas le trinnichellu (petit train ballottant) qui fait vraiment partie de l'univers Corse. Internet : www.ter-sncf.com. Et ne manquez pas le trinnichellu (petit train ballottant) qui fait vraiment partie de l'univers Corse. Internet : www.train-corse.com.
- Voiture : en raison de l'étroitesse des routes et des nombreux virages, ne comptez pas battre des records de vitesse en Corse. La vitesse moyenne se situe autour de 40 km/h. Un conseil : le klaxon dans les virages. N'oubliez pas de vous munir d'une bonne carte routière : la Michelin no 345 est parfaite. Enfin, si vous louez un véhicule, sachez que la plupart des loueurs demandent une carte de paiement pour caution.

Argent, budget

La Corse n'est pas vraiment une destination bon marché

- Le trajet : l'avion coûte environ de 170 à 310 euros l'aller-retour Paris-Ajaccio, le ferry, 60 à 85 euros (A/R). Conseil : prenez vos billets longtemps à l'avance.
- La voiture : La location d'une voiture coûte environ 300 euros la semaine. Pour la faire passer en ferry : de 90 à 240 euros selon la saison.
- Le coût de la vie en Corse : la vie est chère surtout en saison. Pourtant, malgré les tarifs exorbitants affichés en été, on peut découvrir l'île en routard, à des prix (presque) routards : en prenant le bus au lieu de louer une voiture, en campant sur la côte, en utilisant les gîtes en montagne, enfin en se rabattant sur les pizzerias. La solution des gîtes ruraux à la semaine est également abordable et intéressante dès qu'on voyage en famille. L'île de Beauté, heureusement, n'est pas réservée aux riches !

Activités

Plongée

Bercée par son climat velouté, la Corse est une destination incontournable dans la vie d'un plongeur ... ou futur plongeur. Ses eaux chaudes et cristallines livrent un univers étonnant, où les roches aux formes exubérantes abritent une vie sous-marine riche et colorée.

Pas besoin d'être sportif ni bon nageur. Il suffit d'avoir 8 ans et d'être en bonne santé.
Attention : pensez à respecter un intervalle de 12 à 24 h avant de prendre l'avion ou d'entreprendre une excursion en montagne, afin de ne pas modifier le déroulement de la désaturation Méfiez-vous d'un club qui vous embarque sans aucune question préalable sur votre niveau. Regardez si le centre est bien entretenu, si le matériel de sécurité est à bord.
Prix de la plongée : de 33 à 50 euros.

Randonnées

Avertissement : randonneurs, attention ! Nous vous mettons en garde contre les dangers de la randonnée en Corse. Outre que le GR 20 est l'un des sentiers de grande randonnée les plus éprouvants qui soient et que les rigueurs du climat (canicule ou violents orages subits) peuvent causer des problèmes, évitez absolument de quitter les sentiers balisés. Cela vaut également pour les Mare a Mare et les Mare e Monti. En effet, on déplore chaque année des accidents, parfois mortels, dus à cette imprudence. L'entorse tourne vite au drame lorsqu'on se trouve isolé dans le maquis… Pensez-y.
- Le Parc naturel : le Parc naturel régional de Corse a été créé en 1972, où 3 missions principales lui sont assignées : la préservation du patrimoine naturel, la revitalisation de la Corse intérieure grâce au tourisme de pleine nature (1 500 km d'itinéraires pédestres avec gîtes d'étape ou refuges), l'information et la sensibilisation du public au milieu naturel et culturel insulaire. Il recouvre aujourd'hui plus du tiers de l'île avec une superficie de 350 500 ha, et regroupe 143 communes sur les départements de Haute-Corse et de Corse-du-Sud. Pour plus de détails concernant le parc, les sentiers et les gîtes, contactez le Service infos du Parc à Ajaccio ( tél. : 04-95-51-79-00, , fax 04-95-21-88-17), où des topoguides de ces randonnées sont en vente. Internet : www.parc-naturel-corse.com.
- Le GR 20 : c'est un mythe et un sacré morceau, réservé aux randonneurs confirmés. 200 km entre Calenzana et Conca. À voir en cours de route, outre les paysages de rêve : alpages, bergeries, mouflons, chèvres, cabris... et plusieurs espèces de chauves-souris ! Les bons marcheurs peuvent le faire en 12 ou 13 jours. Les mauvais marcheurs feraient mieux de rester sur la plage. C'est du sport !
Équipez-vous toujours de bonnes chaussures, de vêtements chauds et légers, d'un chapeau, d'un imperméable, de l'eau, des aliments pour 2 à 3 jours. De plus, si vous voulez éviter la foule, essayer de partir en milieu de semaine. Être en bonne forme physique, ne pas se lancer seul dans l'aventure.
Rappelons les services infos du parc, toute l'année à Ajaccio : tél. : 04-95-51-79-00, fax : 04-95-21-88-17. Internet : www.parc-naturel-corse.com.
- Sentiers « Mare a Mare » : les parcours sont tous très beaux, traversant des régions variées comme tout : le Mare a Mare Nord relie Moriani à Cargèse via Corte en 7 ou 10 jours, le Mare a Mare Centre chemine, lui, de Ghisonaccia à Porticcio en 7 jours, et le Mare a Mare Sud enfin, relie Porto-Vecchio à Propriano en 5 ou 6 jours.
- Sentiers « Mare e Monti » : Ale plus long, le plus ancien et le plus célèbre part de Calenzana et se termine à Cargèse. Les étapes sont superbes. L'autre, Mare e Monti Sud, va de Propriano à Porticcio.
- Le sentier de la Transhumance : un nouveau sentier, sportif, qui se parcourt en 6 jours et emprunte une partie du Mare e Monti. Montée assez rude vers le col de Capronale (1 329 m).
- Sentiers de pays : ce sont des balades de moyenne montagne, allant de village en village et balisées le plus souvent en orange. Des itinéraires sans obstacle technique particulier, à la journée (de 2 à 5 h) et accessibles en famille.
- Via ferrata : : il s'agit d'itinéraires rocheux sécurisés par un câble. Plusieurs via ferrata ont été aménagées dans la vallée d'Asco (350 m, niveau difficile), dans le Fium'Orbu à Chisa (arrière-pays de Solenzara), dans les environs de Bavella et entre Solenzara et Bavella. La cinquième a vu le jour en 2004 à côté de Tolla et deux autres sont annoncées. Une bonne formule pour s'initier aux frissons de l'escalade.

Randonnées pédestres accompagnées

Plusieurs associations proposent ce type de découverte. Prix variables selon la saison.

- Couleur corse : 13, bd François-Salini, 20090 Ajaccio. Tél. 04-95-10-52-83 et 06-15-05-28-42. Fax ; 04-95-20-47-09. Internet : www.couleur-corse.com.
- Montagne Corse in Liberta : 7, rue Méditerranée, 20090 Ajaccio. Tél : 04-95-20-53-14. Fax : 04-95-20-90-60. Internet : www.montagne-corse.com.
- Compagnie régionale des guides et accompagnateurs de Corse : route de Cuccia, 20224 Calacuccia. Tél : 04-95-48-10-43. Fax : 04-95-48-08-80.
- A Montagnola : 20122 Quenza. Tél : 04-95-78-65-19. Fax : 04-95-78-73-02. Internet : www.a-montagnola.com.
- Corse Odyssée : 20122 Quenza. Tél : 04-95-78-64-05. Fax : 04-95-78-61-91.
- Christophe Pigeault : quartier Insorito, 20170 Levie. Tél. : 04-95-78-58-25 ou 06-20-61-76-81. Internet : www.aqa-canyon.com.
- In Terra Corsa : gare de Ponte-Leccia, 20218. Tél : 04-95-47-69-48. Fax : 04-95-47-69-45. Internet : www.interracorsa.fr.
- Objectif Nature : 3, rue Notre-Dame-de-Lourdes, 20200 Bastia. Tél. : 04-95-32-54-34. Internet : www.objectif-nature-corse.com.
- APART : 20117 Tolla. Tél. : 04-95-27-03-31. De juin à septembre.

Fêtes et festivals

- La fête du vin de Luri : le 1er week-end de juillet, au village de A Piazza. Rencontre des vignerons et des producteurs de vin de l'île. On y trouve aussi charcuteries, fromages, miel, huile d'olive et aussi des artisans. Une façon d'appréhender la production corse et d'acheter à prix raisonnable.
- Festival de guitare de Patrimonio : 5 jours durant la 2e quinzaine de juillet. De la musique corse de très bon niveau. Renseignements au tél. : 04-95-37-12-15. Internet : www.festival-guitare-patrimonio.com.
- Estivoce de Pigna : la 1e quinzaine de juillet. Ce festival de la voix affiche au programme des groupes corses et, selon les années, des chants sacrés médiévaux ou du théâtre. Programme et réservation au tél. : 04-95-61-77-81. Internet : www.festivoce.casa-musicale.org.
- Festival européen du Cinéma de Lama : fin juillet-début août. Original et intéressant. Se succèdent films amateurs, longs et courts métrages européens autour du thème de la ruralité et parfois de la Corse. Internet : www.festilama.org.
- La foire à la châtaigne de Bocognano : 3 jours début décembre. Cette foire est la plus importante manifestation rurale de l'île et accueille environ 30 000 visiteurs. On trouve des châtaignes et toutes sortes de produits artisanaux et agricoles. Les gens se rencontrent et se parlent pour échanger marchandises et idées.
- Festival Settembrinu di Tavagna de Moriani-plage : ce festival d'une petite semaine, fin août ou début septembre, permet de découvrir une micro-région méconnue, la Tavagna. Programme éclectique mariant tradition et modernité, et porté par des musiciens du monde entier Tél. : 04-95-36-91-94.

À Bastia

- Animations estivales : en juillet et août, sur le Vieux Port, la place Saint-Nicolas et dans la rue Napoléon se déroulent une trentaines d'animations (musique, théâtre de rue, etc.).
- La relève des gouverneurs : le 2e samedi de juillet. La population, en costume du XVIIe siècle, reproduit la relève des gouverneurs, justement ! Tir à l'arbalète, tir à l'arc, lanceurs de drapeaux font le spectacle.
- Les musicales de Bastia : début octobre. Classique, jazz, chanson, danse et théâtre. Se renseigner au théâtre municipal de Bastia. tél. : 04-95-34-98-00.

A Calvi

- Festival de jazz : la 3e ou 4e semaine de juin, au théâtre de verdure. Tél. : 04-95-65-00-50. Internet : www.calvi-jazz-festival.com. Les musiciens invités ne sont pas payés, ils viennent pour le plaisir de jouer ensemble.
- Rencontres polyphoniques : mi-septembre. Festival international réunissant choristes et solistes de Corse et d'ailleurs. Une réussite !

A Ajaccio et dans sa région

- La Saint-Érasme : autour du 2 juin. Une fête de la mer et des marins avec régates de voiles latines et réunion de confréries de marins et de pêcheurs.
- Festival de musique : début juillet. Tél. : 04-95-21-12-76.
- La relève de la garde impériale : tous les jeudis d'été, à 19 h, place Foch ( face à la mairie). Spectacle de 45 mn. 25 chasseurs à pied de la garde exécutent une relève au son du fifre et du tambourin. Tirs de fusil pour conclure.
- Les fêtes napoléoniennes : autour du 15 août. Défilé, parade et spectacles commémorent la naissance de l'Empereur. Populaire et joyeux.

A Sartène

- Le Catenacciu : à Pâques, le soir du Vendredi saint. Une manifestation religieuse étonnante.

Gastronomie

En vérité la cuisine corse à elle seule justifie la venue sur l'île. Un soir on arrive à l'auberge, une jeune femme vous accueille, vous installe et vous sert. Jamais vous n'avez consommé meilleure soupe, jamais ! Les cannellonis aux herbes et au bruccio sont énormes, vous doutez de pouvoir les finir, mais déjà vous en êtes à saucer le plat ... Et voici le cabri rôti, tout fumant, sentant la sauge et l'origan ... Cela vous comble et vous enivre, et le vin avec.
Puis il faut saluer les fromages, chèvre et brebis, que la camarade laisse à votre table. On les déguste avec la confiture de figue - quelle union parfaite, quel kif ! Le flan à la châtaigne enfin vous paraît divin : un maître pâtissier n'aurait pas fait mieux. Enfin, comme la jeune fée vous offre une liqueur de myrte, vous lui demandez qui cuisine ainsi. « Ma mère », répond-il … Paraît alors une femme de cinquante ans peut-être, vêtue de noir, au regard et aux cheveux noirs aussi, belle comme une héroïne de tragédie antique.
Telle est la cuisine corse, certes mythifiée ici pour les besoins de la cause, mais dans plus d'une ferme-auberge, vous sentirez passer le frisson…

Les herbes

Il faut commencer par elles car elles donnent son caractère à la cuisine corse, du moins y sont-elles pour beaucoup. Trois herbes aromatiques dominent la cuisine corse : l'origan, la marjolaine et la menthe. On retrouve ensuite toutes les plantes méditerranéennes habituelles : thym, laurier, sauge, etc.

La charcuterie

Il faut absolument goûter la charcuterie corse, au goût subtil et parfumé
Les cochons sauvages se nourrissent principalement de glands et de châtaignes. Pas étonnant que leur chair soit à ce point un régal : le prisuttu (jambon maigre fumé à manger cru ou grillé), le salamu (saucisse fumée), la coppa (échine), le lonzu (filet), le salsiccia (saucisson épicé) et le fameux figatellu, succulente saucisse de foie.
Attention, la charcuterie est le plus souvent d'origine industrielle, car la charcuterie artisanale ne peux répondre à toute la demande. Pour info, la charcuterie industrielle coûte dans les 16 € le kilo ; l'artisanale du double au triple pour la meilleure.

Le gibier

Maquis et forêts de l'île en recèlent en abondance. Vous aurez plus de chance d'en manger en automne. Délicieux en daube mais aussi en pâté ou en saucisson. Pas mal d'oisillons parmi le gibier : pigeons, grives, perdrix, etc.

Les viandes

Outre celles déjà citées, quelques préparations traditionnelles : le cabri ( cabrettu), le ragoût de porc ou autre ( tianu ), l'agneau ou le chevreau rôti ou en daube ( stuffatu ), les tripettes à la sartenaise, etc. On accompagne ces plats de pâtes ou de pulenta (farine de châtaigne).
Vous verrez aussi partout du « veau corse », rôti ou différemment préparé

Les soupes

Autre plat traditionnel servi en entrée. On en trouve de toutes sortes : aux légumes (soupe paysanne), de poisson ( l'aziminu), ou encore à l'ail, aux oignons, etc. Mais la soupe corse traditionnelle est celle aux gros haricots blancs (soissons) et aux herbes, épaisse et longtemps mijotée avec du lard et des morceaux de viande (porc ou veau, os à moelle), qui en relèvent le goût.

Les pâtes

Héritage évident de la colonisation italienne, la pasta est un autre élément indissociable de la cuisine corse. Servie sous toutes ses formes et à toutes les sauces : raviolis (au brocciu), cannellonis (aussi au brocciu), lasagnes (au sanglier), pasta sciutta (à la langouste), etc. Le tout relevé d'huile d'olive et de tomates.

Les poissons et fruits de mer

Sur la côte, on conseille évidemment le poisson et les fruits de mer : rougets grillés, loups (bars) au fenouil, sardines farcies, sans oublier l' aziminu (bouillabaisse corse).

Les fromages

On trouve des fromages de chèvre ou de brebis partout en Corse. Parmi les plus connus, citons le chèvre de Sartène, à pâte dure, et les brebis à pâte plus ou moins molle du Niolo ou de l'Alta Rocca, mais il serait injuste d'oublier le Venachese, le Calinzana ou le Bastilicacciu. Les fromages sont conservés parfois 6 ou 8 mois, voire plus, et certains Corses les aiment véreux. On parle alors de « fromage qui marche »

Le brocciu (ou brucciu)

Le brocciu (prononcez « broutch » avec un « ou » à peine audible en finale) : on en voit partout, les Corses en mettent dans presque tous les plats ! Mais « le roi des fromages corses » n'est pas un vrai fromage ! Il s'agit en fait d'un fromage blanc frais, très onctueux, préparé avec du petit-lait (appelé aussi plus techniquement lactosérum de lait, qui est ce qu'on récupère lors de la fabrication du fromage après avoir retiré celui-ci) mêlé à du lait pur de brebis ou de chèvre. Il se mange frais hors saison (de l'automne au printemps), comme un dessert. Sinon, on le conserve avec du sel pour en farcir ensuite toutes sortes de plats : omelettes, raviolis, beignets, tartes, artichauts ou poissons, etc.
La saison du brocciu s'arrête donc en juin ou juillet grand maximum (certaines techniques de conservation sous vide permettent de gagner quelques semaines), et ne reprend qu'en octobre ou novembre.
L'été, il est remplacé par la brousse, qui est exactement la même chose - du petit-lait mêlé à du lait, mais plus celui des bêtes locales. N'importe quelle bête du continent l'aura produit (y compris et surtout les bonnes grosses vaches laitières). Et ça n'a pas du tout le même goût.

Les desserts

En Corse, le repas se termine généralement par un fruit. Ceux de l'île sont généralement excellents, notamment les oranges. Sinon, pas mal de pâtisseries : délicieux beignets ( fritelli), tartes aux noisettes ou autres ( torta ) gâteaux secs ( canistrelli). Les gâteaux à la farine de châtaigne sont un véritable régal. Le pastizzu, parfumé à l'anis, est servi dans le nord de l'île. Mais en matière de desserts, la grande spécialité corse reste le fiadone, sorte de tarte au brocciu et au citron, parfois imbibée d'alcool.

Les miels

Depuis l'Antiquité, le miel corse est reconnu pour ses qualités gustatives. Il existe plusieurs variétés de miel corse : le miel de printemps, doux et délicat, récolté à partir de mai dans les basses vallées ; le miel de maquis d'été et le miel de maquis d'automne, le premier aromatique et fruité, récolté en août dans les hautes vallées et marqué par le thym et le genêt, le second plus amer, long en bouche, notamment grâce à l'arbousier ; le miel de la châtaignerie, tannique, qui se récolte de juillet à septembre.
Notons enfin que le miel bénéficie d'une AOC « Mele di Corsica », distinction unique en la matière.

Les eaux

Les deux eaux plates corses, Saint-Georges et Zilia, sont distribuées partout dans l'île. En revanche, l'eau gazeuse d'Orezza est certainement une grande eau de table. Elle est pétillante, et c'est un délice que de s'en vider une bouteille après une marche au soleil.

Les vins

Les vins de l'île de Beauté ont, tout comme les Corses, leurs charmes et leurs caractères propres. Ici la montagne tombe souvent directement dans la mer tandis que les vignes s'élèvent dans l'azur du ciel. Beaucoup de reliefs donc de coteaux ; beaucoup de soleil et d'humidité maritime ; la vigne pousse ici depuis l'Antiquité phénicienne.
On produit du vin de table (un quart de la production), du vin de pays (la moitié) et 9 AOC (à peine 25 %). L'AOC la plus importante en surface et en volume est bien évidemment l'AOC régionale vins de Corse.

Les liqueurs

Servies en digestif dans la plupart des restos, les liqueurs sont une autre spécialité insulaire, fabriquées à partir de toutes les plantes du maquis : menthe, myrte, châtaignes, noix, anis, mais aussi violette ou orange, ou tout autre fruit. On vous proposera peut-être de la cédratine, alcool à base de cédrat, une sorte de citron.

Les bières

Oui, vous avez bien lu, nous parlons bien de la bière, la mousse traditionnellement nordique, flamande ou teutonne : eh bien, sachez qu'il en est de la corse, et de la meilleure ! La brasserie Pietra, créée en 1996 et installée à Furiani, produit des bières à la farine de châtaigne absolument délicieuses. L'une, ambrée, la Pietra, est particulièrement traître avec ses 6o qui descendent tout seuls ; l'autre, la Serena, est une blonde un peu plus légère (4,8o), au final légèrement citronné. Il en existe maintenant une troisième, née en 1999.
On les trouve un peu partout sur l'île, en bouteilles, et parfois dans les bars à la pression. Une réussite qui s'exporte même sur le continent, et pas qu'en France. Bravo !

Culture et traditions

Langue corse

Le corse serait « un faisceau de parlers du groupe italien ». La langue corse n'est régulièrement parlée que par les personnes pagées et une poignée de jeunes. Pourtant, on estime à 70 % le nombre d'habitants sachant la parler !
Depuis 1974, la langue corse est reconnue comme langue régionale et enseignée à l'université de Corte. Mais les puristes préfèrent fabriquer des néologismes néo-corsiens à base de français en oubliant les affinités anciennes avec l'Italie. La splendide autonomie de la «corsitude», brandie par quelques-uns, a tendance à couper la langue corse de ses racines latines.

Prononciation

Vous remarquerez vite, en Corse, que les habitants « avalent » généralement les terminaisons des noms. Ainsi, Bonifacio se prononce «Bounifatch'» ; Porto-Vecchio, « Porto-Vek' ». De même, le « i » qui termine généralement les noms propres est presque effacé, comme prononcé dans un souffle. Quelques règles courantes : le « e » n'est jamais muet, le « ci » se prononce « tchi », le « che » donne « ké », les « r » sont roulés (légèrement, pas comme en espagnol) et les voyelles qui se suivent sont prononcées séparément (forêt d'« A-i-tone »).

Vendetta

Ce phénomène a été un véritable fléau des siècles durant, dans le sens où pas mal de monde restait sur le carreau : ainsi, on estime qu'à la fin du XVIIe siècle, la vendetta faisait chaque année en Corse plus de 900 victimes ! Les derniers cas remontent à l'après-guerre, puis le phénomène a disparu. Mais n'y a-t-il pas un fond de vendetta dans les règlements de compte observés au sein des mouvements nationalistes ces dernières années ?
Selon une vieille coutume corse, un meurtre ou une offense grave engageait aussitôt l'honneur de la famille de la victime. Parents, frères, sœurs se devaient alors de faire justice eux-mêmes. Cela déclenchait une sorte de guérilla impitoyable entre deux clans ennemis d'un même village. La vendetta durait le temps qu'il fallait mais elle s'achevait souvent par l'extermination de l'une des familles ou par la fuite dans le maquis du principal justicier.

Littérature

Il n'y a pas à proprement parler de littérature corse avant une époque récente. Car dans cette île, ce qui ailleurs a été transmis par l'écriture, a été véhiculé au fil des siècles par la tradition orale. Seuls demeurent aujourd'hui quelques survivants d'une civilisation de la mémoire supplantée par celle de l'écrit.

Les premiers « romans corses » ont été écrits au XIXe siècle ... par des Parisiens : Prosper Mérimé alimenta le mythe corse avec Colomba, Alexandre Dumas a écrit Les Frères corses, Maupassant évoque avec force la beauté de la Corse dans Une vie.

Parmi les ouvrages historiques contemporains, on peut citer La Tragique Histoire des Corses de Don Jean-Baptiste Gai, L'Histoire de la Corse de Robert Colonna d'Istria et celle de Pierre Antonetti. Coup de coeur pour une autre historienne, Dorothy Carrington, dont La Corse, île de granit est un chef-d'oeuvre de recherche et de sensibilité. Quels magnifiques portraits dans cet ouvrage ! Quelques bouquins de gatronomie : Carnet de Cucina corsa, de Vincent Tabarini, et, de François Poli, Tutta a Cucina corsa. Enfin et surtout, Batti, dont les dessins de presse et les savoureux albums bilingues de B.D., reflètent l'humour, la tendresse, l'autodérision et le génie de tout un peuple.

Musique corse

Chants profonds : les archétypes

La musique corse est certainement avant tout une affaire de voix, de chant. De chants profonds, sans âge, transmis de mère en fille, de père en fils depuis toujours. On retrouve de grands types musicaux. Citons u chjam'e rispondi, joutes poétiques où deux chanteurs improvisent un duel précisément rimé, sur à peu près n'importe quel thème ; u brinchisu, couplet pour célébrer un évènement heureux, a paladina (chant guerrier), a tribbiera (chant paysan), e nanne (berceuse), u serinatu pour les jeunes mariés, u lamentu pour les défunts … Enfin les chants polyphoniques lors des sérénades et fêtes de villages, ou lors de processions religieuses... Ces chants polyphoniques regroupent jusqu'à une dizaine de chanteurs, mais trois voix suffisent : bassa (la basse), seconda (la seconde) et terza (la tierce), la basse donnant la mesure et le ton.

Renaissance et reconnaissance

Au début des années 1970, parallèlement au mouvement nationaliste, survint Canta u Populu corsu, bousculant les idées reçues grâces à ses polyphonies immémoriales et aux chansons de Jean-Paul Poletti. Ce groupe rendait au chant une des fonctions qui en Corse était sienne : faire redécouvrir son histoire, sa culture, son âme à ce peuple. I Muvrini est certainement aujourd'hui le plus connu des groupes de musique corse. La forte personnalité de Jean-François Bernardini, y est pour beaucoup. D'autres groupes, moins connus, ne sont pas moins bons : Madrigale, I Chjami Aghjalesi, I Surghjenti, Cinqui So, I Palatini, Caramusa, Diana di l'Alba, Soledonna, le trio féminin des Nouvelles Polyphonies corses, A Filetta, et bien sur Jean-Paul Poletti et ses Choeurs de Sartène.

Où écouter de la musique corse ?

À la radio (Alta ou Bleu RCFM) ou dans les lieux publics, cafés ou restaurants ... Il est aussi conseillé d'entrer chez un disquaire. Pour les concerts, il y a les festivals, les tournées estivales, les fêtes patronales et les cérémonies religieuses. Napoléon est traité à part (voir la rubrique « Un peu d'histoire »).

Quelques figures

C'est fou le nombre de personnalités que cette petite île a pu produire, proportionnellement à une population d'à peine 260 000 âmes au cours de son histoire … Entre autres :

- Tino Rossi : né en 1907 à Ajaccio, il exerce déjà sa voix à l'âge de 7 ans ! Quant il s'éteint en 1983, on compte ses admiratrices par millions ! Il a enchaîné une vingtaine de films, quatre opérettes et des dizaines de disques.
- Marie-José Nat : cette comédienne est la petite-fille d'un berger de Corse du Sud.
- Laetitia Casta : balanine par son père, originaire de Lumio, en Balagne, la top-model au top n'en finit pas de monter et est même devenue actrice.
- Charles Napoléon : descendant à la 5e génération du frère cadet de l'Empereur, Jérôme, l'ancien roi de Westphalie. Depuis 2001, il est adjoint au tourisme et au développement économique à la mairie d'Ajaccio.

Tourisme en Corse

Plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires, plus de 2 millions de visiteurs par an : le tourisme constitue l'une des principales sources de revenus de l'île. Environ 70 % de ces touristes sont français, les autres étant surtout des Italiens et des Allemands.
Contrairement à une idée répandue, la majorité des habitants de l'île savent recevoir les continentaux. Le terrorisme ne s'en prend jamais aux touristes mais à des cibles symboliques. La Corse a un besoin vital du tourisme. Mais aussi, les Corses sont toujours flattés de constater combien leur beau pays peut plaire …
En revanche, les rapports avec les habitants de l'intérieur, s'ils sont moins évidents de prime abord, sont peut-être plus sincères. Une fois la glace rompue, vous découvrirez des gens formidables pour qui l'hospitalité n'est pas un vain mot.Ici, d'une façon générale, la fierté et le désir légitime de respect passent avant l'argent de touriste, ce qui est assez rare pour une région à vocation touristique.

Souvenirs de Corse

- De nombreux produits du terroir : miel, confitures, charcuterie, fromages, vins, liqueurs, farine de châtaigne, etc.
- De très beaux objets en bois d'aulne, d'olivier ou en bruyère.
- Des couteaux traditionnels corses avec lames en acier et manches en bois de l'île.
- Potiers et verriers sont également assez nombreux sur l'île.
- La fabrication de bijoux en corail est une autre spécialité corse.

Un peu d'histoire

La trace humaine la plus ancienne remonte à 6 750 av. J.-C. Certains pensent que l'homme aurait pu arriver à pied (presque) sec par le cap Corse vers 60 000 av. J.-C., alors que le niveau de la mer était bien plus bas que de nos jours. Mais les archéologues penchent aujourd'hui pour une occupation saisonnière qui aurait début vers 10 000 av. J.-C., par des pêcheurs venus du continent.
Vers 4 000 av. J.-C., la démographie explosa puis les outils se façonnèrent.

Rome que je hais ...

Au VIe siècle, la population grecque de la ville de Phocée, en Asie Mineure, traversa la mer pour fuir les armées perses. Elle fonda Alalia, que les Romains appelleront Aléria. Les Phocéens exploitèrent les mines et les salines, plantèrent la vigne et l'olivier. Peu concernés, les Corsi continuaient de faire paître leurs troupeaux dans les montagnes.
En 535, les flottes étrusques et carthaginoises poussèrent les Phocéens vers de nouveaux rivages. Vinrent ensuite les Romains, vers 225 av. J.-C. Ils mirent près d'un siècle à soumettre la Corse. L'île y perdit la moitié de sa population. L'occupant pouvait toujours développer Aléria, les montagnes restaient indomptées, les Corses tendant des embuscades aux voyageurs.

Corses contre Corses

Les Romains restèrent 700 ans. Mais le temps des grandes invasions change la donne : Vandales en 456, grands persécuteurs, Goths un siècle plus tard, suivis de près par les Byzantins. En 725, les Lombards débarquent pour finalement être chassés par les Francs. Enfin, au IXe siècle, après une série de razzias terrifiantes, les Maures, appelés Sarrasins ou Barbaresques, ramassèrent la mise. Mais dans l'intérieur, le héros Ugo Colonna conduisait la résistance, de victoire en victoire. Le drapeau corse, une tête noire avec un bandeau dans les cheveux, représenterait un prince maure décapité après avoir été vaincu à Porto-Pollo. Les Corses, donc, liquidèrent les Sarrasins. Après quoi ils purent se battre entre eux.
Les féodaux décidèrent de se partager l'île. Cela tourna au massacre entre clans. Lassé, le peuple corse se donna pour chef un simple homme libre, courageux, un vrai Corse : Sambuccio d'Alando, qui proclama l'indépendance et un gouvernement populaire. Mais, à sa mort, l'île retomba dans la foire d'empoigne. Les insulaires, cette fois, s'offrirent au pape. L'île devint fief de l'évêché de Pise et s'apaisa.

Gênes durable

Au XIIe siècle, Gênes chercha à déloger Pise. En 1284, Gênes détruisit une fois pour toute la flotte pisane. Durant cinq siècles, les Corses chercheront par tous les moyens à retrouver leur indépendance. En 1358, une révolte anti-nobiliaire marqua les esprits. Une partie de l'île fut alors débarrassée de ses seigneurs féodaux. En 1453, Gênes loua la Corse à ses créanciers, l'opulente Banque de Saint-Georges qui ramena dans l'île la paix et la prospérité. Revenue, Gênes durcit sa poigne. Elle exploita à outrance. Les Corses se révoltèrent. En 1735, ils allèrent jusqu'à proclamer l'indépendance. Gênes répondit par le blocus de l'île et s'allia à la France. La partie fut inégale. Gênes rétablit sa domination.

Un roi sans couronne

En 1755, Pasquale Paoli est élu chef de la Résistance. C'est un général talentueux et progressiste. En treize ans, de 1755 à 1767, Paoli fera entrer la Corse dans le concert des nations. Les Corses l'appellent « le Père de la Patrie »
Au traité de Versailles de 1768, Gênes, ruinée, donne en gage la Corse au roi de France. Gênes ne reverra jamais son ancienne possession, Louis XV ne tenant pas parole et annexant l'île malgré une résistance. Mais la révolution française modifie le rapport de force. Paoli, scandalisé par les excès antireligieux de Paris, proclame le royaume corse indépendant sous protection britannique. Mais les Anglais ne le désignent pas comme vice-roi, ils lui préfèrent Sir Gilbert Elliott, aidé par Pozzo di Borgo. Écoeuré, Paoli retourne en Angleterre en 1795, et y meurt en 1807.

Le « Petit Corse »

Napoléon Bonaparte est né en Corse dans une noble famille d'origine toscane. Ses parents placent tous leurs espoirs dans ce fils brillant qui est envoyé au collège d'Autun, puis à l'école militaire, sur le continent.
En 1789, il a vingt ans et il est lieutenant. La Corse est alors partagée entre les paolistes et les « populaires », qui veulent propager la Révolution. Napoleone en est. Paoli revenu, Napoleone le sert. Mais bientôt, sa fougue patriote les oppose. Entre les deux, la vendetta est ouverte.
Autriche, Prusse, Espagne, Égypte, Portugal, Italie, Slovénie ... il veut tout, il a tout sauf l'Angleterre et la Russie. Moyennant quoi il perd tout. Et la Corse là-dedans ? Une fois monté sur le trône, il la néglige et n'y revient qu'une seule fois …

La Corse française

Après son annexion, la France n'est pas restée inerte. Un gouvernement modéré mais ferme accroît la population et développe l'économie. En 1790, la Corse est organisée sur le modèle des départements français. Les fléaux insulaires (vendetta, divisions, banditisme ...) déclinent au début du siècle suivant. Au XIXe siècle, la Corse devient une terre mythique chantée par les écrivains.
Pendant la seconde guerre mondiale elle s'illustre en résistant à Mussolini.
L'année 1943 aura coûté cher aux résistants, mais le 8 septembre, l'Italie capitule et donne le signal de l'insurrection sur l'île. Le 4 octobre, Bastia est la toute première ville française libérée ! L'accroissement du tourisme, puis son explosion amenèrent de nouvelles réformes. Parallèlement, dans les années 1970, le mouvement nationaliste se forme. Le propos devient primordial. Il s'agit de réaffirmer l'identité insulaire. Se développe alors un mouvement politique et armé qui marque aujourd'hui encore la vie politique de l'île.

Mouvements indépendantistes et autonomes

L'indépendantisme corse ne date pas d'hier, et nous avons vu avec Sampiero Corso et Pasquale Paoli qu'il a souvent mené l'histoire insulaire.

Le fusil ou la canne à pêche »

Le mouvement autonomiste né avec l'ARC, l'Action régionaliste corse des frères Siméoni. Le mouvement se durcit lorsque, le 17 août 1975, Edmond Siméoni promet, dans un discours fleuve à Corte, de « se battre à visage découvert », d'offrir, « au service d'une cause sacrée, la liberté et le sang de ses militants ».

Le tournant d'Aléria

Du coup, le 21 août, un commando d'une vingtaine d'hommes occupe la cave viticole d'un riche pieds-noirs d'Aléria. Les pieds-noirs sont accusés de profiter largement des subventions et de trafiquer le vin dans la Plaine orientale. Le gouvernement français réagit en force en envoyant 1 200 hommes, et Siméoni se constitue prisonnier.

Les nuits bleues du FLNC

Les radicaux fondent le Front de libération nationale de la Corse le 5 mai 1976, après une nuit bleue. Les symboles de l'État sautent régulièrement, comme les constructions du littoral.

L'hydre à bras armé

Le « conflit » s'enlise. Les gouvernements successifs échouent dans leurs tentatives de règlement du « problème corse ». La création de la région Corse en 1970, l'ouverture d'une université à Corte, la création de nouveaux statuts pour l'île en 1982, celle d'une assemblée territoriale, les avantages fiscaux, les primes et les amnisties … rien n'y fait, la surenchère continue, les attentats aussi.

Mais y a-t-il un pilote dans l'avion ?

Le problème, avec tous ces groupuscules incontrôlables, est qu'un n'existe en fait aucun leader capable de négocier sérieusement au nom de tous. Un État qui accumule les bourdes depuis 30 ans, un jour « autorisant » une réunion de plusieurs centaines d'hommes armés, sans intervenir, l'autre achetant une paix éphémère à coups de millions de francs … Le préfet Bonnet y perdra sa place en mai 1999.

Tontons flingueurs

Le mouvement indépendantiste n'est plus celui des origines. Luttes intestines et rivalités personnelles nourrissent des méthodes crapuleuses. Cette dérive atteint des sommets avec l'assassinat du préfet Érignac en 1998 et des règlements de comptes en série.

Les accords de Matignon

Jospin décide, en 1999, de réunir autour d'une table tous les partis. Les nationalistes sont représentés par Jean-Guy Talamoni. Chacun expose sa position et défend son point de vue. Jospin sort un consensus de son chapeau durant l'été 2000, mais la légitimité des accords de Matignon est bientôt contestée. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Intérieur, démissionne, et Talamoni ne contrôle plus ses troupes, les attentats reprennent.

Et maintenant ?

Le changement de donne politique, en mai 2002, enterre ces accords. Le gouvernement Raffarin veut montrer rapidement ses « bonnes intentions » vis-à-vis de la Corse. Mais l'embellie de relations gouvernement-nationalistes ne survit pas aux évènements de l'été 2003 : l'arrestation d'Yvan Colonna, la victoire du « non » au référendum sur l'évolution du statut de l'île et le verdict à l'encontre des accusés dans le procès de l'assassinat du préfet Érignac conduisent le camp nationaliste à durcir sa position.
Fin 2004, le camp nationaliste et le gouvernement campent chacun sur leurs positions dans une sorte de paix armée. Enfin, début 2005, le procès Pieri permet de mettre à jour les pratiques d'un chef de clan nationaliste, condamné à 10 ans de prison, et débouche sur le discrédit apparent, même au sein de la mouvance nationaliste (FNLC Union Radicale). Fin 2005, on disait que le FNLC-22 octobre, plus radical, a le vent en poupe. Affaire à suivre …

La terre et les hommes

Les Corses

Voici donc une île. Une belle île en mer, d'accord ; une île entre le ciel et l'eau, toujours d'accord, mais une île. Avec des îliens dessus. Bon, commençons par le début, quand les Corses étaient des montagnards. Autrefois, tout semblait éloigner les Corses de leur littoral. Jadis repliés dans leurs nids d'aigle, ils avaient de la plage une conception particulière. Les villageois descendaient y passer une partie de l'année, avec famille et troupeaux. Puis ils remontaient dans leurs perchoirs dès que l'été apportait sa première vague de chaleur torride. Entre les Corses et la mer persiste une relation d'amour et de crainte.
Les Corses inaccessibles, renfermés, farouches ? Non, plutôt les gardiens de la terre des ancêtres, devenus prudents et réservés après des siècles d'invasions. On les décrit souvent comme corsetés (gag facile) sous leur carapace d'orgueil et de fierté. Allons donc ! Vous n'avez rien compris. Ce sont, depuis toujours, à la fois des îliens et des montagnards. Ombrageux et susceptibles ? Pas plus que d'autres peuples de la Méditerranée.
Alors, corsés les Corses ? Complexés certainement. Est corse bien souvent, en réalité, qui a un ancêtre ayant connu les Barbaresques, une arrière-grand-mère génoise et un cousin fonctionnaire à Paris. Car, ne l'oubliez pas, les élites corses s'expatrient. Aujourd'hui, 800 000 Corses vivent sur le continent. D'autres encore aux États-Unis et en Amérique du Sud (deux anciens présidents du Venezuela étaient d'origine corse), ainsi que dans les Caraibes (Porto-Rico, première destination des émigrants cap-corsins au XIXe siècle, compterait aujourd'hui 300 000 descendants de Corse).
On les dessine en noir, méfiants. Et alors, pourquoi sauteraient-ils au cou de gens qu'ils ne connaissent pas ? Ici, le fromage est corse, le vin est corse et la charcuterie est corse. Bref, ils sont corses et prétendent le rester. On ne peut leur en vouloir !

Le climat

Le climat en Corse est facile à décrire : de juin à mi-septembre, grand beau temps assuré. Mais il existe des nuances. Il fait généralement plus chaud dans le cap Corse qu'à Bonifacio. Bien sûr, l'air est toujours plus frais en montagne (au-dessus de 500 m) qu'en bord de mer. Prévoyez toujours une petite laine dans l'intérieur du pays. Attention aussi aux orages, brefs mais violents, qui éclatent dans l'intérieur souvent à la fin de l'été (septembre-octobre), entraînant des inondations parfois ravageuses. Malgré tout, les pluies sont vraiment rares : pas plus de 50 jours par an !
Certains jours, le vent souffle très fort : le libeccio, venant du sud-ouest, sec et chaud, et le mistral, plus violent.
Et puis il y a de la neige : en altitude, elle peut persister jusqu'à mi-juin, voire début juillet ...
Les meilleures périodes pour aller en Corse et éviter canicule et flots de touristes sont avril, mai (attention toutefois : curieusement, ce mois de mai est parfois pluvieux en Corse), juin, septembre et octobre. Et au printemps, le maquis est en fleurs !
Enfin, détail important : la température de l'eau (sur les côtes) est en moyenne de 15 °C en hiver et de 25 °C en été.

L'écologie

La Corse est la région française la mieux préservée écologiquement. Rien d'étonnant à cela : l'absence quasi-totale d'industries lui a permis de conserver une atmosphère et des eaux saines. C'est aussi, paradoxalement, la région qui investit financièrement le plus dans la protection de l'environnement : la faune est protégée, de nombreuses essences sont préservées, des dizaines de sites sont classés, sans parler des réserves naturelles. Bravo ! La Corse est restée vierge !
Enfin, pas tant que ça ; reste un problème, et de poids : les décharges sauvages, que vous ne manquerez pas d'apercevoir un peu partout sur l'île. Et les plages ne sont pas toujours « clean ».
Mais dans l'ensemble, le bilan est très largement positif. D'autant plus que de nombreuses initiatives (souvent bénévoles) oeuvrent pour la restauration et la mise en valeur du patrimoine, ou le nettoyage des plages. Bravo !
Fin 2002, une opération de nettoyage menée sur le cap Corse a permis de récupérer 1 000 carcasses qui se croyaient biodégradables … Beaucoup se mobilisent pour résoudre ce problème des décharges.
Non, sérieusement, côté environnement, la Corse va bien, mais il y a danger sur le littoral. En effet, de plus en plus de complexes hôteliers et résidences privées fleurissent sur les côtes de la Corse, aux dépens de la faune et de la flore. Les convoitises sont nombreuses et représentent un vrai risque pour le patrimoine naturel de l'île. Les Corses doivent rester vigilants. Plusieurs institutions (observatoire de l'environnement corse, conservatoire du littoral …) travaillent d'arrache-pied à préserver l'île de Beauté

La faune et la flore

La faune

La Corse conserve une faune intéressante, mais finalement pas très riche.
- En montagne, l'aigle royal règne dans les cieux aux côtés du gypaète barbu, de l'épervier, du faucon du balbuzard pêcheur ou de la sittelle corse, espèce endémique à la Corse.
- Parmi les mammifères, le mouflon fait figure d'emblème de la Corse intérieure. Mais le sanglier est bien plus présent. Les cerfs corses sont plus petits que ceux du continent. Il en va de même pour les vaches et les moutons de race corse, assez petits et résistants. En revanche, les « cochons sauvages », des porcs élevés en semi-liberté, sont de sacrés bestiaux.
- Tortue d'Hermann et couleuvre sont les reptiles corses. Rien de bien méchant donc (pas de vipères en Corse).
- La faune aquatique est celle habituelle de la Méditerranée (rascasse, loup, rouget, sardine...), mais les plongeurs ont la chance de pouvoir observer des espèces assez rares : mérous, dentis, murènes et liches. Aux dernières nouvelles, on commence même à voir des barracudas, à cause du réchauffement des eaux de surface en Méditerranée. Notons aussi les anguilles de l'étang de Biguglia, les moules de l'étang de Diana et les huîtres d'Urbino. La langouste passe rapidement de la mer à l'assiette.

La flore

Contrairement aux autres îles de la Méditerranée, beaucoup plus arides et pelées, la Corse est une île verdoyante, la plus verte même du monde méditerranéen. On est frappé en Corse par la richesse et la variété de la flore : 2 835 espèces différentes ont été recensées. Et, conséquence de l'insularité, on compte 121 espèces ou sous-espèces de plantes sauvages que l'on ne trouve qu'en Corse !
Pour comprendre la flore corse, il faut raisonner par étages.
- L'étage méditerranéen (de 0 à 600 m) : le royaume du maquis : arbousier, lentisque, ciste, bruyère, asphodèle, myrte, mais également chêne vert. En bord de mer on trouve l'agave, doté d'une tige élancée pouvant atteindre 10 m de haut, et le figuier de Barbarie. Enfin, il y a beaucoup d'eucalyptus.
- L'étage méditerranéen supérieur (de 600 à 900 m) : le châtaignier y règne en maître. La châtaigneraie corse couvre environ 40 000 ha.
- L'étage montagnard (jusqu'à 1 800 m) : le domaine des pins laricio. On les remarque immédiatement à leurs hauts troncs droits, pouvant dépasser 40 m. Des géants !
- L'étage subalpin (de 1 800 à 2 100 m) :quelques plantes intéressantes comme l'aulne odorant, appelé aussi bassu en Corse.

Maquis

Le maquis appartient à l'imaginaire collectif de la Corse. Cette végétation typiquement méditerranéenne, regorgeant de plantes et d'arbustes, forme un grand manteau qui permettait à Napoléon de reconnaître son île les yeux fermés, « grâce à son odeur » justement.
Le maquis ne pousse qu'entre 0 et 600 m, dans ce que les spécialistes appellent l'étage méditerranéen. Résultat : il prend toute la Corse en écharpe, le long de la mer. Là poussent des plantes aux noms magiques comme le myrte dont les fleurs blanches dégagent un parfum sucré et captivant, le ciste de Montpellier et celui de Crète, la bruyère arborescente. Puis on trouve un autre maquis plus touffu, plus dense, monde impénétrable formé par des arbustes et des épineux pouvant atteindre 5, 6, parfois 7 m de haut. C'est le royaume des arbousiers qui produisent leurs fruits rouges (les arbouses) en automne. Les vaches et les cochons sauvages s'en régalent. On en fait aussi des liqueurs (pas pour les cochons). L'autre arbuste couramment répandu dans le maquis dit « élevé » , c'est le chêne vert. Vert toute l'année, quand il ne brûle pas, le maquis corse se couvre de fleurs au printemps : c'est le moment idéal pour s'y balader. Et il donne ses fruits en hiver.
Prévoyez au moins une journée de balade dans le maquis pendant votre voyage, emportez une gourde d'eau et surtout partez tôt le matin car en plein mois d'août dans l'après-midi, il fait très très chaud !
Essayez de suivre le sentier déjà balisé, comme ces boucles à la journée marquées en orange dans le Parc régional.

Feux de forêt

La première cause des feux de forêt est celle appelée pudiquement « cause pastorale »

La cause pastorale

Ce joli nom désigne un phénomène malheureusement bien compris ici : une minorité d'éleveurs, pour démaquiser et donner ainsi de l'espace et du (maigre) pâturage aux (maigres) bestiaux, déclenchent des feux ravageurs. Très efficace. En fait, cette technique de fertilisation des terres par brûlis, l'écobuage, est très ancienne ; mais elle était autrefois pratiquée en hiver, les jours sans vent, et sur une terre largement cultivée, moins inflammable donc que cette friche qui l'a peu à peu remplacée.

Un léger mieux

les mesures répressives et des programmes de prévention (démaquisage, surveillance accrue des départs de feu) ont permis de réduire sensiblement les feux de forêt.
Malheureusement, l'année 2003 a marqué une sévère rechute, rappelant que la forêt corse est en perpétuel danger. 2004 et 2005 ont été moins dramatiques, mais le cap Corse et la forêt de Bonifato ont souffert. On constate qu'en Corse-du-Sud, 40 à 50 % des feux sont d'origine humaine volontaire alors qu'en Haute-Corse, ce sont 90 % qui seraient attribués à l'homme ….

Quelques consignes

- Ne pas allumer le feu entre le 1er juillet et le 30 septembre
- Éviter d'aller en forêt lorsque la météo prévoit des risques de propagation d'incident (vents forts et forte chaleur)
- En cas d'incendie, regagner des zones signalées s'il y en a. Dans le cas contraire, réfugiez-vous dans le lit d'une rivière, ou sur un point en hauteur afin que les secours puissent vous repérer.

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