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Aquitaine
Ambassadrices du savoir-vivre et de la bonne chère, le Bordelais et le Périgord sont des régions que le voyageur aborde avec une seule devise en tête : carpe diem (profite du jour). Car si la Gironde, la Dordogne et le Lot-et-Garonne revendiquent depuis longtemps leurs différences, c'est un art de vivre unique et une divine gastronomie qui les unissent incontestablement. Pour garder la ligne, prenez-vous pour l'homme de Cro-Magnon aux grottes de Lascaux, et sortez des sentiers battus en découvrant les merveilleuses randonnées du Lot-et-Garonne. Parcourez les Landes, pays d'eau et de pins, avec ses 106 km de côtes et la dune du Pyla, la plus grande forêt et plus haute dune d'Europe. Partez ensuite en Béarn, ce petit pays indépendant depuis six siècles, qui, des coteaux du Madiran aux Pyrénées, allie savoir-vivre et caractère bien trempé à l'image du célèbre roi Henri et de sa poule au pot.
Carte d'identité
La région
- Superficie : 41 308 km2 (3e région de France par sa superficie).
- Population : 2 967 000 habitants.
- Préfecture régionale : Bordeaux.
- Activités économiques : bois, aéronautique, tourisme et agroalimentaire (viticulture et ostréiculture).
Gironde
- Superficie : 10 725 km2.
- Population : 1 287 500 habitants.
- Préfecture : Bordeaux (218 948 hab., 735 000 avec la conurbation).
- Sous-préfectures : Blaye, Langon, Lesparre-Médoc, Libourne.
- Côte atlantique : 120 km de côte de la pointe de Grave à Arcachon.
- Forêt de pins : 388 000 ha (4/10 du département).
- Vignoble : 122 600 ha de vigne, 12 000 viticulteurs.
- Activités économiques : viticulture et négoce des vins et spiritueux, sylviculture et dérivés, ostréiculture (bassin d'Arcachon), industrie aéronautique (Aérospatiale, Dassault) et automobile (Ford), haute technologie (informatique, pharmacie, recherche), élevage (boeuf de Bazas, agneau de Pauillac), céréales (mais), trafic portuaire (Bordeaux, 6e port français, 1er exportateur de mais d'Europe), tourisme.
Dordogne
- Superficie : 9 060 km2.
- Population : 388 385 habitants.
- Préfecture : Périgueux.
- Sous-préfectures : Bergerac, Nontron, Sarlat-la-Canéda.
- Activités économiques : tourisme, gastronomie agroalimentaire (foie gras, vins de Bergerac).
- Châteaux : 1001 (rien que ça !).
Le Lot-et-Garonne
- Superficie : 5 384 km².
- Population : 307 000 habitants.
- Préfecture : Agen.
- Sous-préfectures : Marmande et Villeneuve-sur-Lot.
- Activités économiques : agriculture (les deux tiers de la superficie du département lui sont consacrés), industrie agroalimentaire et tourisme (notamment fluvial).
- Forêts : 127 000 ha.
- Bastides : 42 (dont Villeréal et Castillonnès).
Landes
- Superficie : 9 360 km2.
- Population : 322 900 habitants.
- Préfecture : Mont-de-Marsan.
- Sous-préfecture : Dax.
- Activités économiques : agriculture (mais), sylviculture (1ère forêt cultivée d'Europe), industrie (bois, aéronautique), tourisme, thermalisme.
Infos pratiques
Renseignements touristiques
- Comité régional du tourisme d'Aquitaine : Cité mondiale, 23, parvis des Chartrons, 33074 Bordeaux Cedex. Tél : 05-56-01-70-00. Fax : 05-56-01-70-07. Internet : www.tourisme-aquitaine.info. Attention ! N'est pas ouvert au public. Renseignements uniquement par téléphone, par courrier, par fax ou par mail.
- Comité départemental de tourisme de Gironde : 21, cours de l'Intendance, 33000 Bordeaux. Tél : 05-56-52-61-40. Internet : www.tourisme-gironde.cg33.fr.
- Comité départemental de tourisme de la Dordogne: 25, rue Wilson, BP 2063, 24002 Périgueux Cedex. Tél : 05-53-35-50-24. Internet : www.dordogne-perigord-tourisme.fr.
- Comité départemental du tourisme du Lot-et-Garonne : 271, rue de Péchabout, BP 30158, 47005 Agen Cedex. Tél : 05-53-66-14-14. Internet : www.lot-et-garonne.fr. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 13 h et de 14 h à 18 h (17 h le vendredi).
- Comité départemental des Landes : 4, av. Aristide-Briand, BP 407, 40012 Mont-de-Marsan Cedex. Tél : 05-58-06-89-89. Internet : www.tourismelandes.com.
Hébergement
- Gîtes de France : pour commander des brochures, s'adresser au 59, rue Saint-Lazare, 75439 Paris Cedex 9. Tél : 01-49-70-75-75. Internet : www.gites-de-france.fr. Les réservations sont à faire auprès des relais départementaux des Gîtes de France. Dans les Landes, l'adresse du relai est : cité Galiane, BP 279, 40005 Mont-de-Marsan Cedex. Tél : 05-58-85-44-44. Internet : www.gites-de-france-landes.com. Pour la Gironde, le Lot-et-Garonne et le Périgord, s'adresser directement aux comités départementaux de tourisme.
Activités
Les sportifs ne s'y trompent pas, le Sud-Ouest offre un cadre idéal, entre mer et montagne.
- La côte landaise est riche d'étangs, dont certains sont aménagés en base nautique. Lorsque la mer se fait sauvage, de jeunes athlètes aux cheveux décolorés grimpent sur leurs planches de surf. Lacanau, près de Bordeaux, accueille chaque année une épreuve de la coupe du monde.
- De retentissement plus national, le rugby, seul sport à être pratiqué à haut niveau dans toute la région, semble avoir été créé pour les Gascons et donne lieu à quelques féroces derbies.
- Moins connu, le basket s'épanouit entre Landes et Béarn. L'équipe de Pau-Orthez en est la représentante.
- Le football reste cantonné à Bordeaux où les Girondins, malgré quelques années creuses et une gestion en accordéon, s'accrochent aux premières places du championnat national.
- Du Lot aux Pyrénées en passant par la Dordogne, des milliers de clubs de canoe-kayak louent leurs embarcations. La descente des cours d'eau donne à découvrir des sites inaccessibles.
- Des Landes aux Pyrénées, les vaches landaises suscitent encore des vocations d'« écarteurs » et de « sauteurs » chez les jeunes gens. Les corridas ont aussi leurs fiévreux amateurs (rarement les mêmes) qui se donnent rendez-vous à Dax, Mont-de-Marsan et Bayonne, célèbres « plazas de toros »
- La montagne offre, l'été, la pratique du rafting, du deltaplane, du parapente, du vélo tout-terrain, les randonnées de moyenne et haute montagne, les balades à cheval. L'hiver, de petites stations aux versants abrupts permettent de skier hors des grands boulevards.
La Gironde à vélo
Un effort particulier a été fait en Gironde pour la réalisation de pistes cyclables, et ce ne sont pas moins de 450 km d'itinéraires aménagés pour le vélo qui sillonnent le département. C'est notamment, le littoral qui est équipé, où les pistes, qui empruntent souvent les anciennes pistes allemandes de surveillance, sont très bien entretenues, fléchées, et généralement plates … idéales pour la pratique du vélo sans effort ! Si toutefois vous préférez les côtes (pas bien méchantes), une piste Bordeaux-Créon s'enfonce dans l'Entre-Deux-Mers vallonné, et devrait être prolongée jusqu'à Sauveterre. Il existe une carte des pistes cyclables en Gironde, très pratique.
Bonnes adresses :
- Fédération française de cyclotourisme (FFCT), 12, rue Louis-Bertrand, 94207 Ivry sur Seine Cedex. Tél. : 01-56-20-88-88. Internet : www.ffct.org.
- Ligue d'Aquitaine de cyclotourisme : Tél. et fax : 05-53-65-10-14 (après 18 h).
Balade en préhistoire dans le Périgord
Difficile d'imaginer le Périgord et ses nobles demeures assiégés par des hordes de singes velus. C'est pourtant là, il a quelque 100 000 ans, que l'histoire écrivit son prologue. Fermons les yeux, voici « l'étendue froide et herbeuse de la toundra avec ses îlots de pins, de bouleaux ou de genièvres, ses marécages glacés. Le Massif central forme écran, protégeant son secteur sud-ouest et ses larges vallées où remonte l'influence tempérée de l'Atlantique. L'éden des grands chasseurs. » (Nougier). Pour la suite, la parole appartient aux artistes de Lascaux, de Pech-Merle et des Combarelles.
Tourisme fluvial dans le Lot-et-Garonne
La batellerie, avec la concurrence de la route et du rail a disparu depuis la Seconde Guerre mondiale, laissant à l'abandon les voies navigables. En 1993, le Lot-et-Garonne a lancé une grande opération de remise en navigation dans ses rivières. Aujourd'hui, avec ses 200 km de voies navigables, 34 écluses, une centaine de bateaux habitables loués par 7 compagnies, le tourisme fluvial est un atout de plus pour le département. Il y en a pour tous les goûts, d'autant que le réseau permet de passer du Lot à la Baise, via le seul petit bout de Garonne ouvert à la navigation. N'hésitez pas à emprunter pendant quelques jours les caravanes flottantes fort bien aménagées proposées par les compagnies de location, avec lesquelles vous pourrez faire escale dans les haltes nautiques et souvent au coeur des villages. On peut, bien sûr, embarquer les vélos. Seul inconvénient, c'est assez cher.
Culture et traditions
Les bastides : une nouvelle idée de la ville.
Aux XIIIe et XIVe siècles, l'Aquitaine était partagée entre le royaume d'Angleterre et le comté de Toulouse. Pour mémoire, en 1360, à la signature de la paix de Brétigny, près du quart du royaume de France revient aux Anglais ! Difficile cohabitation, les seigneurs anglais et français rivalisent, se disputent âprement le terrain, notamment par places fortes interposées. La bastide est pour partie née de l'idée qu'il était nécessaire de structurer l'arrière-pays, d'organiser l'occupation du sol en campagne tout en regroupant des populations très éparses.
Construites tant par les Anglais que par les Béarnais ou les Armagnacs, elles ne ressemblaient pas aux villes déjà existantes, dont la configuration ne présentait aucune cohérence. Elles obéissaient à un plan géométrique rigoureux qui épousait le relief du terrain, la plupart du temps au bord d'une rivière.
Les bastides répondaient à un schéma quasi constant, quadrillé, avec des rues à angle droit entourant l'église et la place publique à arcades, avec halle couverte. Cette association place et église, très fréquente, constitue le binôme gagnant de la bastide, point de rencontre de la vie commerciale et de la vie religieuse.
Ces bastides furent édifiées jusqu'au milieu du XVe siècle. Il est probable que les souverains y ont vu des points d'appui stratégiques car, pour des motifs militaires évidents, nombre de villages et villes médiévales furent fortifiés. Un élément essentiel pour la prise de conscience urbaine au Moyen Âge est l'apparition de la notion de ville comme espace refuge.
Les noms des bastides ont plusieurs origines : pour certaines, l'emplacement du lieu choisi (site défensif ou carrefour commercial) ; d'autres ont voulu célébrer le patronage royal (Villeréal) ou celui du seigneur local (Hastingues, Créon) ; d'autres encore prirent le nom d'une ville célèbre (Fleurance, Bruges). Ces bastides constituent d'excellentes idées de balade. Offrez-vous le Moyen Age dans de beaux villages aquitains et allez flâner sous les arcades abritant les commerces variés tout autour de la place. Sachez qu'on ne visite pas une bastide comme un château ou une abbaye. Ici, la beauté est parfois cachée.
Voici quelques idées : dans les Landes, nous suggérons de déambuler sur la place vaste et royale de Labastide-d'Armagnac (la bien-nommée) ou de voir l'étonnante structure quasi circulaire de Geaune ; en Gironde, ce pourrait être Libourne ou Cadillac ; en Périgord, Monpazier, Beaumont ou Villefranche-en-Périgord ; en Lot-et-Garonne, Puymirol, bastide juchée sur un piton, qui offre un point de vue magnifique, ou encore Villeréal.
En dernier lieu, vous pourrez vous rendre à La Bastide-Clairence, au quadrillage classique, presque guilleret (effet tuiles roses), enclave gasconne en Pays basque. Bref, toutes différentes, les bastides vous dévoileront bien des charmes du Sud-Ouest.
Figures célèbres
- Aliénor d'Aquitaine : fille et unique héritière de Guillaume X, dernier duc d'Aquitaine et de Poitou, ses noces (à l'âge de 15 ans) avec Louis VII devaient unir la France du Sud à celle du Nord. Doutant de la vertu de son épouse, Louis VII fait casser le mariage. Six semaines plus tard, Aliénor tombe dans les bras d'Henri Plantagenêt. Deuxième mariage (d'amour celui-là !) qui offre le Sud-Ouest aux Anglais. Situation complexe qui débouchera, un siècle plus tard, sur la guerre de Cent Ans.
- Jean Eustache : Scandale lors de la présentation de son film-confession (au noir et blanc somptueux), La Maman et la putain au festival de Cannes de 1973.
- Les Girondins : après avoir fait leur propre Révolution à Bordeaux, les envoyés de la Gironde à la Législative (Ducos, Guadet, Gensonné, Vergniaud, Boyer-Fonfrède) se lient avec d'autres députés (Barbaroux, Louvet, Condorcet...) pour constituer le groupe des Girondins. La poussée des Jacobins les fait passer du statut d'extrémistes à celui de modérés. Leur éloquence, fameuse, dominera l'Assemblée jusqu'à leur chute, en 1793.
- Max Linder : son personnage de dandy ahuri apparut dans près de 300 films muets (d'un comique proche du vaudeville) que Max Linder tournait à un rythme effréné (un par semaine en moyenne). Chaque apparition publique de « Max » déplaçait des foules immenses.
- François Mauriac : chrétien et gaulliste, l'auteur de Thérèse Desqueyroux et du Noeud de vipères a fustigé dans ses romans l'égoïsme et l'hypocrisie de la bourgeoisie bordelaise, dont il est issu. Pour les fidèles, nous conseillons la visite de sa maison de Malagar et de son beau parc, dans la commune de Saint-Maixant, en Gironde (Tél : 05-57-98-17-16 ; Internet : www.malagar.asso.fr.).
- Michel de Montaigne : misanthrope cloîtré dans son château pour rédiger ses oeuvres, il se laisse élire deux fois maire de Bordeaux. Parrain des esprits modérés, fuyant les guerres de Religion, il édifie un ex-voto après la Saint-Barthélemy. Reste les Essais, longue et méticuleuse introspection d'une pensée joyeuse, où des générations d'intellectuels ont puisé leurs exercices spirituels.
- Charles de Montesquieu : le père des Lumières et de la Révolution est un pur produit du Bordeaux de l'âge d'or. L'auteur de L'Esprit des Lois et des Lettres persanes aime ses terres (« Il me semble que mon argent est sous mes pieds ») mais séjourne souvent à Paris « qui dévore les provinces »
- Noir Désir : né de la rencontre en 1980 de deux lycéens bordelais, Noir Désir est quelque chose comme un des plus grands groupes actuel de rock français. L'événement tragique de l'été 2003 entre le chanteur, Bertrand Cantat, et sa compagne, Marie Trintignant, a mis fin à l'existence du groupe.
- Sempé : la pudeur du trait, les grands timides égarés dans des environnements oppressants, un certain goût de l'introspection... L'auteur du Petit Nicolas a-t-il vraiment oublié d'être bordelais ?
- Michel Serres : philosophe, académicien, mais aussi phénoménologue, épistémologue, il touche avec un égal bonheur la communication, l'histoire des sciences, voire la littérature.
- Philippe Sollers : de son vrai nom, Philippe Joyaux. Cet intellectuel brillant, ex-maoiste et figure médiatique de l'intelligentsia parisienne, est d'origine bordelaise. Admirateur des Lumières, ce libertin raffiné est l'auteur de Femmes et du Portrait du joueur.
Gastronomie
Merveilles de gueule
Le Sud-Ouest des fines gueules n'est autre que cette Cocagne immense nommée Gascogne, réunie à la Couronne au milieu du XVe siècle et dont les frontières sont assez floues pour nous mener jusqu'aux portes de l'Auvergne, aux ponts de Toulouse, au pied des Pyrénées et au bord de l'Océan. L'oie et le canard avec leur foie, leur graisse, leurs confits, en fédèrent les particularismes dans l'enivrant parfum des truffes et l'onctueuse complicité des cèpes, sous l'égide de cinq mille châteaux bordelais et de l'une de nos prestigieuses eaux-de-vie nationales, l'armagnac. Bref, une sorte de haut lieu où souffle l'esprit de la cuisine française. Nulle part ailleurs, en effet, ne se mêlent avec tant de bonheur les rugosités paysannes, la générosité, la finesse, le pittoresque dans le culte des produits de la terre.
- Agneau de Pauillac : il est au vulgaire agneau ce qu'un grand château-lafite est à un bordeaux générique, une dentelle d'exquise tendreté, un miracle de délicatesse.
- Alose : on la sert à Bordeaux, préalablement marinée dans le vin blanc et l'huile parfumée de laurier.
- Bœuf de Bazas : celui-là, vous pouvez le suivre de confiance. Depuis quelques années, des restaurateurs de la Gironde se battent pour relancer cette race magnifique qui donne une viande merveilleusement fine et tendre.
- Bordelaise : ainsi vous seront proposés la lamproie (aux poireaux et vin rouge), les écrevisses (vin blanc sec, cognac, mirepoix), la fameuse entrecôte (au boeuf bazadais) avec échalotes et moelle, sans oublier les cèpes (huile, pointe d'ail) et les escargots.
- Cannelé : délicieux petit gâteau de Bordeaux. Pâte à millas, à base d'oeufs, lait sucré, parfumé rhum-vanille, caramélisé dans un petit moule de cuivre à cannelures.
- Cassoulet : ses sources sont languedociennes mais les Landes, le Périgord, l'Ariège, le Montalbanais et même le Comminges où veille sur lui un Ordre Souverain des Tastes Mounjetos (haricots), en proposent partout diverses versions. Lesquelles ont toujours pour base le confit dans une estouffade aux haricots.
- Caviar : les derniers courageux esturgeons (« esturgeonnes » serait mieux dire) s'aventurent dans les eaux de la Gironde pour aller frayer de mars à juin.
- Cèpes : frais du début septembre jusqu'à la Toussaint, en conserve ou séchés le reste du temps, les cèpes inspirent à tout le Sud-Ouest une infinité de recettes.
- Confits : ce sont les ornements obligés et rituels de la plupart des cassoulets. Vous les mangerez accompagnés d'oseille à Périgueux, et partout assortis de pommes sarladaises et de cèpes.
- Cruchade : bouillie de maïs ; se mange aussi en pâtisserie frite et sucrée.
- Demoiselles : Ce sont les carcasses de canard gras, simplement grillées au feu de bois.
- Foie gras : référence absolue de la gastronomie de toute la région, c'est presque une religion dans les Landes.
- Fromages : les vrais brebis des Pyrénées et les chèvres gras ou secs dits «cabecous de Rocamadour» sont souvent enrobés d'une feuille de vigne.
- Garbure : plat paysan, de tradition essentiellement béarnaise. En gros, un pot-au-feu à base de volaille grasse (oie), choux verts, haricots, saucissons et petit lard. Plus pain tranché dans le bouillon. En fin d'assiette, on ajoute vin blanc ou rouge ; c'est le « chabrot » de partout, ici nommé « goulade »
- Grattons : genre de rillettes, avec de gros morceaux de maigre.
- Huîtres : pompeusement nommé « mamelle ostréicole française », le bassin d'Arcachon fournit à longueur d'année de délicieuses huîtres.
- Jambon de Bayonne : ce grand classique est surtout salé et séché dans le Béarn.
- Lamproie : Elle est cuite au vin rouge et servie dans sa sauce liée de son sang avec poireaux (de rigueur) et maigre de jambon. On y ajoute parfois, comme pour rendre le mélange plus insolite, du chocolat.
- Magret (ou magre en gascon) : il s'agit des filets pectoraux des oies et canards gavés. La grande cuisine, qui s'en est entichée depuis une vingtaine d'années, les met à toutes les sauces. Mais en Gascogne, d'expérience ancestrale, on s'en tient à juste titre à la recette qui lui convient le mieux : simplement grillé. Et accompagné de pommes sarladaises ou de cèpes.
- Noix : le Périgord est sa terre d'élection et Sarlat sa capitale.
- Omelettes : les plus couramment proposées en bavent pour les truffes, les cèpes, les peaux de canard et le jambon. Au printemps, avec des pointes d'asperges, c'est de la folie !
- Pommes sarladaises : la préparation de stricte observance locale exige que les pommes de terre soient émincées et cuites au four « à cru » et à la graisse d'oie. Une version de luxe y ajoute des truffes.
- Poule au pot : ce classique béarnais exige que le volatile soit farci, et cuit longtemps avec ses légumes, comme le pot-au-feu.
- Pruneaux : vous les goûterez farcis (comme à Agen), en crème (confiture), en farce (de pastis et croustades) et en délicieux support de glaces.
- Sauce Périgueux : Elle conjugue la truffe noire, l'échalote et l'oignon. D'aucuns l'enrichissent de madère, de cognac ou de foie gras.
- Saumon : dès l'automne et jusqu'au printemps, les saumons remontent l'Adour et le gave d'Oloron. Tous les restaurateurs du Sud-Ouest en proposent, frais bien sûr.
- Tourin (ou tourain) : une soupe à l'ail et à l'oignon, faite à la graisse d'oie ou au saindoux et servie sur des tranches de pain.
- Tournedos Rossini : tranche de coeur de filet de boeuf, plus foie gras, plus truffes.
- Truffes : optez donc résolument pour la truffe fraîche ou une très bonne conserve artisanale (première ébullition), et de préférence dans les apprêts simples : en salade, à la croque au sel, sous la cendre, en chausson, en omelette ou en ragoût.
Merveilles de gosier
Armagnac
Il siège, avec le cognac et le calvados, dans l'Olympe des grands alcools français. Pas de restaurateur local, grand ou petit, qui n'ait sa collection, et leurs étiquettes vous mettent parfois sur des pistes splendides. Méfiez-vous des flacons tarabiscotés, des étiquettes féodales qui sont le déguisement habituel d'alcools médiocres.
- Contrairement à l'armagnac, le floc de Gascogne (du moût de raisin coupé d'eau-de-vie d'armagnac) se bonifie en bouteille. Très fruité, moins alcoolisé que son spiritueux de père, il se décline en blanc ou rouge, se déguste en apéritif ou accompagne foie gras et fruits.
Le bordeaux
Le vignoble bordelais est par sa taille et sa réputation le premier du monde, avec 122 600 ha de vignes classés en AOC (appellation d'origine contrôlée), et produisant bon an mal an 6 millions d'hectolitres de vins dits « fins », issus d'au moins 10 000 propriétés qui revendiquent toutes le nom de « château ». Une classification complexe, officielle ici, officieuse là, s'efforce de hiérarchiser cette incommensurable diversité
Le vignoble, qui produit du rouge à 89%, se subdivise en cinq terroirs principaux : Médoc au nord de Bordeaux, rive gauche de la Garonne ; Graves et Sauternais au sud de Bordeaux ; Entre-Deux-Mers, entre Garonne et Dordogne ; Grand Libournais, rive droite de la Dordogne où sont produits les prestigieux pomerol et saint-émilion ; Haute-Gironde où on trouve les côtes-de-bourg et côtes-de-blaye, rive droite de la Gironde. Chacun de ces terroirs est divisé en 57 appellations. A l'intérieur de chaque appellation, les châteaux sont classés depuis 1855 en fonction de la qualité de leur vin. Au top, les premiers grands crus classés, suivi des premiers grands crus et des crus bourgeois. Et puis il y a les autres, dont le "bordeaux supérieur", qui n'est lié à aucun terroir, mais doit satisfaire à un cahier des charges précis : c'est ce qu'on appelle les "petits bordeaux" à la portée de toutes les bourses.
Vins du Sud-Ouest
- Jurançon : des blancs secs pour l'essentiel et, plus rarement, d'exquis liquoreux « impérieux et traîtres comme tous les grands séducteurs », selon le mot de Colette. Sauternes et Monbazillac n'ont qu'à bien se tenir !
- Buzet et Duras : très proches des bordeaux, auxquels ils étaient autrefois rattachés.
- Bergerac : « des vins qui ont du nez », selon le slogan de rigueur. Sur le même terroir, les fins et déliés pécharmant et les célèbres liquoreux monbazillac.
- Chalosse et Tursan : des vins que certains n'ont pas vu grandir et que vous découvrirez, au restaurant, avec un foie gras ou un pavé de boeuf, et qui vous surprendront d'autant plus agréablement que leur prix, lui, est resté « petit »
Un peu d'histoire
Quelques dates
- 140 000 - 40 000 av. J.-C. : le climat chaud débouche sur la dernière glaciation. Les cousins de l'Homo neandertalensis s'abritent dans des cavernes aménagées contre le froid. Nombreuses en Dordogne, elles fixent les chasseurs armés de silex. Celle du Moustier a fait baptiser cette période le moustérien.
- 40 000 - 20 000 av. J.-C. : Aurignac, en Haute-Garonne, où un abri a été découvert en 1852, a prêté son nom à l'Aurignacien, cette période où l'Homo sapiens (Cro-Magnon), devenu Sapiens sapiens, raffine son artisanat, son armement et invente les premières représentations religieuses.
- 20 000 - 16 000 av. J.-C. : le solutréen est représenté dans le Périgord à Laugerie-Haute et Bourdeilles. L'industrie lithique de cette époque est très caractéristique (pointes à face plane, feuilles de laurier).
- 16 000 - 9 000 av. J.-C. : le magdalénien (grotte de la Madeleine) marque l'âge d'or de la préhistoire. Peintures de Lascaux, Pech-Merle, etc.
- 600-300 av. J.-C. : divers peuples viennent se mêler aux autochtones. Les Celtes du Nord, les Ibères depuis l'Espagne. Fondation de cités habitées par les Bituriges à Bordeaux, les Pétrucores à Périgueux, les Vasates à Bazas.
- 56 av. J.-C. : depuis la province romaine de la Narbonnaise, un lieutenant de César, Crassus, vient soumettre toute l'Aquitaine.
- Ier, IIe et IIIe siècles : urbanisation et prospérité sous la férule romaine. Dax, Bordeaux et Saint-Bertrand-de-Comminges attirent les Bretons de York et de Lincoln, et les Espagnols de l'Ebre.
- 413 : après les Vandales, les Wisigoths occupent l'Aquitaine.
- 466 : Bordeaux devient la capitale d'un royaume florissant, qui va de Gibraltar à la Loire.
- 507 : l'Aquitaine est incorporée aux États francs.
- 580 : invasion des Gascons, Ibères non latinisés.
- VIIIe siècle : invasions arabes. Eauze est rasée, Bordeaux incendiée.
- 778 : le duché de Gascogne est intégré au royaume d'Aquitaine que Charlemagne crée pour son fils Louis le Pieux. Le royaume redeviendra assez vite un duché
- Xe-XIIe siècle : émiettement du Sud-Ouest et recomposition en trois ensembles : le Béarn, la Gascogne et la Navarre.
- 1152 : le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt donne l'Aquitaine aux rois d'Angleterre. Ils n'en demeurent pas moins, à cet égard, vassaux des rois de France. Situation viciée qui leur vaudra cent ans de guerre. Chaque parti tente de s'attacher les locaux, à coup de privilèges et de chartes d'autonomie. En réalité, le bâton sévit bien plus que la carotte, les seigneurs du cru oscillant au mieux de leurs intérêts.
- 1204 : Philippe II Auguste reprend aux Anglais leurs territoires (Limousin, Périgord, Quercy, Agenais, Gascogne et une partie de la Saintonge) sur le sol français sauf la Guyenne. Le traité de Paris (1259) confirme que la Guyenne est une possession anglaise.
- 1337 : début de la guerre de Cent Ans. Les 25 premières années de conflit sont favorables aux Anglais, qui étendent leur emprise sur la France.
- 1453 : sur la lancée de l'« effet Jeanne d'Arc », Charles VII et son artillerie battent l'armée anglaise à Castillon, près de Saint-Émilion. Fin de la guerre de Cent Ans.
- Vers 1560 : Jeanne d'Albret, qui vient d'épouser un Bourbon, transforme le Béarn et la Navarre en forteresse protestante. Le Pays basque, lui, reste catholique. Les guerres de Religion font rage.
- 1589 : le fils de Jeanne d'Albret, Henri, devient roi de France (Henri IV). Jusque-là chef victorieux du parti huguenot, il abjure et publie le fameux édit de Nantes, qui octroie la liberté de religion.
- 1605 : pendant les Grands Jours du Quercy, Henri IV fait exécuter les derniers seigneurs opposants.
- 1592-1637 : au mot d'ordre « liberté », les « croquants » du Rouergue et du Périgord prennent les armes par dizaines de milliers contre la noblesse, le fisc et les brigands. En 1548 et 1663, la gabelle provoquera, elle aussi, de longues et terribles émeutes.
- 1649 : pendant que Paris s'adonne à la Fronde, Bordeaux s'érige en république autonome, avec le soutien des Anglais.
- XVIIIe siècle : apogée de Bordeaux, sous l'égide de son parlement.
- 1793 : l'arrestation des Girondins soulève l'Occitanie. La répression est féroce.
- 1851 : gagné aux idées socialistes, le Sud-Ouest prend les armes contre le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte. Plus tard, ses séjours touristiques dans la région dissiperont la méfiance.
- 1870 : pendant la guerre franco-prussienne, le gouvernement de Gambetta se replie à Bordeaux, suivi par l'Assemblée nationale. Deux autres gouvernements feront de même en septembre 1914 et en juin 1940.
- XIXe siècle : émigration massive des Béarnais en direction des Amériques.
- Décembre 1999 :une tempête sans précédent ravage l'ensemble de la région. Un lourd bilan humain et matériel.
- Novembre 2002 : naufrage du pétrolier le Prestige au large du cap Finisterre, Galice. Nappes de fuel sur le littoral espagnol, qui ne tarderont pas à atteindre la côte atlantique française.
- Janvier 2003 : ouverture du tunnel de Samport qui relie les Pyrénées Atlantiques à l'Espagne.
La terre et les hommes
Parc naturel régional des Landes de Gascogne
Il existe deux Parcs naturels régionaux : le PNR du Périgord Limousin, créé en 1998, et le Parc naturel régional des Landes de Gascogne, qui figure parmi les tout premiers Parcs naturels régionaux créés en France. Pour une première découverte à distance, consultez le site : www.parc-landes-de-gascogne.fr.
Ce vaste territoire, qui recouvre plus de 300 000 ha et 40 communes des départements des Landes et de la Gironde, s'est fondé en 1970 autour des vallées de la Leyre. Cet étonnant fleuve côtier méritait en effet d'être préservé et peu à peu livré à la curiosité des visiteurs.
Aucune route ne le longe et seul un canoe permet l'exploration de ce que certains ici qualifient de Petite Amazonie. On y découvre une forêt galerie luxuriante, encaissée dans le plateau forestier. Elle dissimule, sur près de 100 km de cours sinueux, des eaux transparentes et ambrées, colorées par le fer souvent présent dans le sable landais.
Son embouchure sur le bassin d'Arcachon forme un delta où la rivière se ramifie en une mosaique de paysages particulièrement propices à l'accueil des oiseaux sauvages. On peut les approcher de manière privilégiée sur le site du Conservatoire du littoral au domaine de Certes à Audenge ou au parc ornithologique du Teich.
Il ne faut pas hésiter à emprunter les petites routes forestières. Elles permettent de s'immerger dans une pinède qui n'a rien de monotone et qui réserve quelques surprises : de petites chapelles oubliées sur l'ancien chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, une architecture à colombages ou à pans de bois très particulière que l'on retrouvera sur le site de Marquèze (quartier de l'écomusée de la Grande Lande à Sabres), des étangs naturels appelés lagunes...
La forêt de pins maritimes, paysage dominant, fournit aussi la première richesse économique du Parc.
Le Parc est sillonné par de nombreux sentiers de randonnées et est traversé d'ouest en est par une piste cyclable réalisée par le département de la Gironde.
De jolies chambres d'hôte, des gîtes aménagés dans des maisons de caractère, des gîtes forestiers entièrement conçus en pin des Landes, des haltes nautiques sur la Leyre permettent de trouver à se loger à peu près pour toutes les bourses et à tous les goûts.
Langues régionales
L'Aquitaine, bien entendu, appartient au vaste domaine historique des langues d'Oc.
Petit rappel pour ceux qui l'auraient oublié : au Moyen Age, la zone d'Oc rassemble les parlers proches du latin, alors que la zone d'Oil se caractérise par une évolution plus poussée sous l'influence des langues germaniques.
En gros, la Garonne définit une frontière : le gascon à l'ouest (Gironde, Landes), le limousin au nord-est (correspondant globalement à la Dordogne).
Le béarnais, variante du gascon, est évidemment parlé dans le Béarn, tandis que le guyennais, plutôt rattaché au languedocien, domine dans le Lot-et-Garonne.
Le nord de la Gironde, à l'est de l'estuaire, relève historiquement du domaine occitan, mais aujourd'hui, c'est le saintongeais, appartenant aux langues d'Oil, qui s'est implanté. Simple, non ?!
Les spécialistes vous expliqueraient savamment que le gascon est un peu à part dans le groupe occitan, en raison de l'influence du basque sur le vocabulaire. Nous, plutôt que discourir, on a préféré vous donner la recette de la célèbre garbure. Sachez quand même que, selon une étude datant de 2000, 50 % des Béarnais parlent le béarnais et 65 % le comprennent.
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Dernière mise à jour : le 03/11/2008 à 18h22
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