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Florence, berceau de la Renaissance

Dans le quartier de l'Oltrarno

Michèle Laurent, guide conférencière

Dès votre arrivée à Florence, prenez de la hauteur pour admirer cette cité qui émerveillait déjà les visiteurs du XVe siècle.

Le Belvédère

Les Florentins contemplent leur ville comme une œuvre d'art depuis la place Michel-Angelo. Le regard s’accroche au dôme de Santa Maria del Fiore (Il Duomo) qui protège la cité puis aux multiples clochers, campaniles, palais qui font de cette ville la cité mondiale des arts, l’emblème de la Renaissance.

Nous descendons vers l'église San Miniato, reconnaissable à sa façade de marbres bigarrés. À l’intérieur, la lumière douce sublime les grandes fresques du XVe siècle.

En contrebas, le Ponte-Vecchio enjambe l’Arno et rejoint le cœur historique de la cité. C’est le plus ancien pont de la ville. Les boutiques qui lui donnent son caractère particulier, sont des bijouteries, volonté de Cosme Ier de Médicis, soucieux de l'apparence de sa ville.

Le quartier de l'Oltrano

Je vous entraîne dans ses jardins, dits de "Bóboli", commencés en 1550. Ils offrent un magnifique exemple de jardins en terrasse à l’italienne. Le vallonnement naturel sert de cadre aux fêtes médicéennes. On peut faire une halte au Kaffehaus, un charmant salon de thé rococo.

Dans ce quartier de l'Oltrarno, la via Maggio est bordée de palais. Bianca Capello, belle Vénitienne en fuite avec un commis de banque florentin, s'installe au 26. Elle implore la protection du prince François de Médicis qui tombe amoureux d'elle. Devenu veuf, il l'épouse et l'installe au Palais Pitti. Ils meurent le même jour en 1587, peut-être empoisonnés.

Avec sa façade de plus de 200 mètres, le Palais Pitti reste impressionnant. Il abrite aujourd’hui un musée d’Art moderne comprenant des peintures du XVIe au XVIIIe siècle. Il peut être complémentaire de la Galerie des Offices.

A quelques pas, dans la chapelle Brancacci, Massacio peint au Quattrocento des fresques révolutionnaires. Passionné par la perspective mathématique, il donne aussi à ses personnages une dimension "humaniste". Adam et Eve désespérés sont nus. La fragilité de la chair éclate. Un conseil : la chapelle est très visitée. Réservez à l'avance votre entrée.

Pour déjeuner ou dîner dans l'Oltrarno :

- La place San Spirito est très agréable avec, par exemple le caffé Ricchi.
- 4 Leoni, via Vellutini, 16. Terrasse et cadre convivial.
- Chic et sobre, la boutique Olio et Convivium, au 4 via S Spirito, offre à l'intérieur d'un hôtel particulier un vaste choix d'huiles d'olive, de vins régionaux et de charcuteries.

Le cœur médiéval de Florence

Du Duomo au Ponte-Vecchio se déploie le cœur historique de Florence qui fut appelé à devenir l’un des théâtres les plus brillants de la Renaissance.

Le Duomo, chef-d’œuvre de la Renaissance

Lorsqu’on arrive par la place Santa Maria Novella, quartier de la gare, le Duomo se dévoile progressivement au regard. On ne peut qu’être ému par ce chef-d’œuvre de la Renaissance.

Entièrement recouverte de marbre blanc et vert, la cathédrale Santa Maria del Fiore, dit aussi Duomo, est la fierté de la ville. Elle est dominée par son superbe dôme réalisé en 1436 par l’architecte Brunelleschi. Une véritable prouesse technique qui force encore notre admiration.

A proximité, le Baptistère (Battistero), construit au XIIe siècle, fut embelli durant plusieurs siècles de marbre, de mosaïques. Admirez notamment la porte principale décorée de scènes de la Bible et les peintures en trompe l’œil.

Sur la place, avant de vous diriger vers la Galerie des Offices, on ne peut manquer le Campanile de Giotto. Haut de 84 mètres, commencé par Giotto en 1334, il est sans conteste l’un des plus beaux d’Italie. Un escalier de plus de 400 marches conduit au sommet mais vous ne pourrez regretter ce magnifique panorama sur le Baptistère, le Duomo et le centre de Florence.

Le Museo dell’Opera del Duomo, qui rassemble les œuvres qui ornaient jadis le Duomo, le Baptistère et le Campanile, complètera bien la visite.

Le Palazzo Vecchio

Entre le Duomo et les Offices s'étend le cœur médiéval. Près de la maison de Dante, quelques tours rappellent les luttes entre les guelfes, partisans du pape, et les Gibelins soutenant l'Empereur d'Allemagne.

Au XVIe siècle, devenu grand-duc de Toscane, Cosme Ier s'installe au Palazzo Vecchio, édifié à la fin du XIIIe siècle. Cette forteresse domine la place de la Seigneurie, véritable musée à ciel ouvert avec des sculptures de Michel-Ange, Donatello, Cellini. En face, depuis 1872, on déguste au café Rivoire un chocolat fameux.

La Galerie des Offices

Le Musée des Offices abrite l'extraordinaire collection des Médicis. C’est sans conteste l’un des plus beaux musées du monde, unique pour son ensemble de peintures de la Renaissance.

Jusqu'au 2 novembre, une exposition rend hommage au grand initiateur de la peinture Florentine, Giotto. La plus belle "Vierge à l'Enfant " est celle de Fra Filippo Lippi. Ce moine-peintre prend pour modèle sa maîtresse, la nonne Lucrezia Buti. Protégé par Cosme qui le sauve du scandale, il l'épouse. Leur fils Filippino travaille avec Botticelli.

Pour visiter sereinement les grands musées et monuments, sans attente, vous pouvez pré-réserver vos entrées (www.firenzemusei.it). Site de l'exposition "Giotto et ses descendants" : www.ereditadigiotto2008.it

Près d'ici, les Florentins déjeunent ou dégustent glaces et gâteaux sur la Piazza della Repubblica. Deux adresses : Gilli ou Giube Rosse.

De la Bibliothèque Laurentienne au couvent San Marco

Grands amateurs d’art, les Médicis dotent Florence de monuments prestigieux et deviennent de prodigieux mécènes.

Le quartier San Lorenzo

Dans leur quartier de San Lorenzo situé au nord du Baptistère, les Médicis font appel à Michel-Ange pour l'architecture de leur Bibliothèque Laurentienne (Biblioteca Laurenziana) et pour les sculptures de leurs tombeaux (La Cappelle Medicee ou chapelles des Médicis). Ne pas manquez ceux de Laurent le Magnifique et de son frère Julien.

De San Marco à la piazza della Santissima Annunziata

Le couvent San Marco reçoit les largesses financières de Cosme l'Ancien. Dans ce foyer de culture, il vient parfois se retirer. Sa cellule est peinte comme les autres par Fra Angelico. Dans le couloir opposé, la dernière cellule est celle du moine Savonarole, qui fustige les mœurs et les dépenses de la cour de Laurent. Savonarole mourra brûlé sur la Place de la Seigneurie.

De l’autre côté de la piazza San Marco, la Galerie de l’Académie (Galleria dell’Academia) est l’un des incontournables du circuit des trésors artistiques florentins. Vous y trouverez des tableaux du Pérugin mais la Galerie reste célèbre pour la salle abritant les œuvres majeures de Michel-Ange, notamment les statues inachevées des Captifs et des Esclaves, une très belle Pietà et enfin l’œuvre qui marque le point d’orgue de la visite, la statue de David en marbre de Carrare, aux proportions parfaites, qui établit la popularité de Michel-Ange.

Toute proche, l'harmonieuse Piazza della SS Annunziata incarne l'idéal de la Renaissance. L'hôpital des Saints Innocents recueille les enfants abandonnés. Sur sa façade, les médaillons en terre cuite d'Andrea Della Robbia représentent les bébés emmaillotés.

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Dernière mise à jour : le 05/01/2009 à 13h12

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