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Biographie de Marianne Chaud
Des Alpes à l'Himalaya...
Née à Briançon en 1976, Marianne Chaud découvre l’Inde en 1996 puis y séjourne une année en 1998. Depuis, elle y retourne régulièrement en se consacrant à l’étude des populations himalayennes au travers de films documentaires.
Ses voyages et ses films
1996 : Découverte de l’Inde
1998-1999 : Une année à Bombay, découverte de l’Himalaya
1999 : Six mois dans les vallées des anciens royaumes bouddhistes du Ladakh-Zanskar
2000-2007 : Séjours réguliers de quatre à six mois pour la rédaction de sa thèse d’anthropologie
2004 : Participation en tant que spécialiste scientifique à l’émission Ushuaïa-Nature sur le Ladakh
2005-2006 : Coauteur du projet et assistante de réalisation pour le film Devenir une femme au Zanskar (ZED), diffusé sur France 5 en mai 2007
2006 : Trois mois pour réaliser le documentaire Himalaya, La terre des femmes (ZED), diffusé sur Arte en septembre 2008
Interview de Marianne Chaud
Elle découvre l'Inde à 19 ans. Une passion qui donnera naissance à un film quelques années plus tard... Himalaya, la terre des femmes sera diffusé le 16 septembre sur Arte.
Quel a été le point de départ et l’évolution de votre passion pour l’Inde ?
J’ai découvert l’Inde à 19 ans, dans le cadre d’un échange entre femmes indiennes et françaises. C’était au mois d’août, à l’époque de la mousson. Je me souviens des pluies brutales qui s’abattaient sur la ville de Bombay, écrasant momentanément la chaleur étouffante. J’avais l’impression de suffoquer, de me noyer dans cette culture totalement étrangère et incompréhensible. Je me confrontais pour la première fois violemment à l’altérité et je me sentais totalement démunie pour l’appréhender.
De retour en France, j’ai décidé d’apprendre le Hindi et de suivre un diplôme d’études indiennes en parallèle à mon cursus de lettres modernes. Je voulais comprendre l’Inde, où je suis retournée à 21 ans, pour une année : j’ai sillonné le pays en étudiant les différentes formes théâtrales. La délicatesse et la richesse de cet art vivant m’ont fascinée. Je me suis perdue avec délice dans les contrastes et la complexité de ce pays-continent. J’ai finalement abandonné toute vanité de le comprendre.
Quelles recherches poursuivez-vous sur les populations du Zanskar ?
Depuis huit ans, je retourne régulièrement au Zanskar, région himalayenne située au nord de l’Inde. Je m’intéresse à la relation que les Zanskari nourrissent avec leur territoire, qu’il soit mythique ou rituel, agricole ou politique.
J’essaie de comprendre comment les changements intervenus dans la région depuis une trentaine d’années bouleversent le paysage social. Hier royaume bouddhiste indépendant peuplé d’agriculteurs, le Zanskar fait aujourd’hui partie de l’Inde et se trouve confronté à l’économie de marché capitaliste. Jadis très isolé de ses voisins, le Zanskar est aujourd’hui traversé de routes carrossables qui relieront demain tous les villages. Dans ces conditions, l’équilibre fragile que les Zanskari entretenaient depuis des générations avec leur environnement se trouve ébranlé. Tous réclament plus de confort et de facilités matérielles mais tous se rendent compte aussi que se perdent la solidarité qui les unissait et la possibilité de subvenir eux-mêmes à leurs besoins.
Quel message transmettre aux voyageurs en partance pour l’Himalaya indien ?
Je leur dirais de bien préparer le départ puis de vivre le voyage dans une improvisation quotidienne. Il est important de lire des récits de voyage, des ouvrages ethnologiques ou des guides pratiques, d’étudier des cartes, de consulter des forums de discussion. Une fois dans l’avion puis sur place, il faut oublier tout ce qu’on a lu, entendu et prévu pour se laisser porter par les rencontres, les envies. Il faut rester ouvert, se débarrasser de notre envie de tout contrôler. Le voyage ne sera jamais tel qu’on le décide !
Je leur conseillerais aussi d’oublier leur propre culture pour comprendre et respecter la culture locale. C’est un exercice ethnologique qui incite à l’humilité et refuse le jugement. Je leur dirais enfin de se procurer un manuel de langue et d’apprendre quelques phrases. C’est la vraie clé pour passer de l’autre côté de la carte postale, être invité chez les habitants, échanger avec eux, même très peu. Imaginez la saveur de ce thé beurré offert par une vieille femme nomade des hauts plateaux du Changthang ! Et la joie de votre hôte quand vous prononcerez quelques mots dans sa langue !
Quels sont vos projets et votre actualité en rapport avec l’Himalaya ?
Le 16 septembre 2008, le film que j’ai réalisé sur le travail des femmes ladakhi pendant les moissons, Himalaya, la terre des femmes est diffusé sur Arte.
Je suis en train de terminer le montage d’un autre documentaire tourné l’hiver 2007-2008 au Zanskar dans un monastère bouddhiste. Dans ce film, je me suis attachée au parcours exceptionnel d’un petit garçon qui, lorsqu’il a su parler, a dit à ses parents : « Je dois retourner au monastère, j’y ai laissé toutes mes affaires, tous mes recueils de prières. » Il se souvenait avoir été moine dans sa vie antérieure, signe très auspicieux au Zanskar, ses parents l’ont laissé rejoindre le monastère. Ce film, Le Chemin du ciel, est diffusé sur Arte en décembre 2008.
Sinon, je pars bientôt tourner un autre documentaire, cette fois au Tibet. Je n’y suis jamais allée et je me réjouis de découvrir cet autre pan de l’Himalaya bouddhiste. Ce film là sera plus politique que mes précédents et j’espère contribuer à éclairer la situation de ce pays.
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Dernière mise à jour : le 30/09/2008 à 8h57
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Isabelle Massieu a voyagé durant dix mois dans les hautes vallées de l’Himalaya (Népal, Sikkim, Bhoutan). Elle en a ramené de magnifiques observations centrées sur les hommes et les paysages.
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